‹ Le musée de la conversation: répertoire de citations françaises, dictons modernes, curiositésChapitre 118 sur 434 · LE BERGER · texte numérisé non relu

LE BERGER

Les canards Tont bien passée...

O lironfla, lirondère, O lironfla, lirondé...

— Berger, où va ce chemin-là?

— Il ne va ni il ne bouge,

O lironfla, etc...

— Berger, vend-on du vin dans ce cabaret?

— Croyez-vous qu'on le donne ? Etc.

On retrouve une première idée de cette plaisanterie dans un très ancien morceau intitulé VHerberie, que M. Jubinal a reproduit à la suite des Œuvres complètes de Rutebeuf (Paris, 1839, tome I).

Voici le passage en question (p. 474) :

— Et où est la terre ? — Sor Taive.

— Comment apele-1-en Taive?

— L'en ne l'apele pas, qu'ele vient bien sanz apeler.

( — Et où est la terre ? — Sur F eau.

— Comment appelle-t-on Teau?

— L'on ne l'appelle pas, elle vient bien sans l'appeler.)

Cyrano de Bergerac a imité ces réponses gouailleuses dans un dialogue du Pédant joué, entre le capitan

Chasteaufort et Mathieu Gareau, paysan (acte II, scène ii) :

CHASTEAUFORT. — OÙ vas-tu, bonhomme ?

GAREAU. — Tout droit devant moi.

— Mais je te demande où va le chemin que tu suis?

— Il ne va pas, il ne bouge.

— Pauvre rustre, ce n'est pas cela que je veux savoir. Je te demande si tu as encore bien du chemin à faire aujourd'hui ?

— Nanain dà, je le trouverai tout fait.

Selon MM. de Manne et Ménétrier (Galerie historique des comédiens de la troupe de Nicolet, Lyon, 1869, p. 57), Tauteur du Pont-cassé serait Louis-François Archambault, dit Dorvigny (1742-1812), qui créa ou exploita avec succès plusieurs types populaires, tels que le célèbre Janot, Jocrisse, et le père Duchesne, Thorrible marchand de fourneaux dont le nom servit de titre au journal d'Hébert.

L'auteur de Feu Séraphin cite le Pont-cassé (qui s'appela d'abord le Pont-rompu), parmi les œuvres de Guillemain (p. 24), mais il se rectifie lui-même, quelques pages plus loin, en émettant l'idée que Dorvigny s'est inspiré du vieux fabliau.

Dans les Spectacles des foires et des boulevards de Paris pour 1776, nous lisons (p. 117) qu'un sieur Ambroise dirigeait dès 1775 le Théâtre des Récréations de la Chine. Il y montrait des ombres chinoises, spectacle dont il se prétendait l'inventeur, mais qui était déjà connu depuis longtemps en Allemagne, ainsi que nous l'apprend Grimm dans sa Correspondance littéraire (août 1770).

Je me souviens, écrivait celui-ci, d'avqir été singulièrement émerveillé dans mon enfance par le noble jeu

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