DES (( MOTS QUI RESTEM )> XV
plupart des auteurs modernes ne sont que les fripiers des siècles passés. '
Et 1 on se souvient que La Bruyère commençait ainsi le premier chapitre de .ses Caractères :
Tout est dit, et Ton vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes, ot qui pensent. Sur ce qui concerne les mœurs, le plus beau et le meilleur est enlevé...
Non seulement tout a été dit, dans cet ordre d'idées du moins, mais tout a été redit plusieurs fois et de façons différentes, tantôt médiocrement, tantôt sous une forme excellente, en quelque sorte définitive. Et nous remarquerons en passant que c'est le grand mérite d'avoir trouvé la forme la plus belle et la plus simple pour des pensées que d'autres avaient dites avant lui, qui a valu à La Fontaine sa gloire impérissable.
L'étude et la comparaison des formes successives d'une même pensée, ou, si celte image n'est pas trop prétentieuse, des divers vêtements dont on Ta habillée, ont attiré tout particulièrement notre attention. Nous nous sommes donc vaillamment exposé à encourir la très fine critique contenue dans cette boutade que Ton cite du journaliste Etienne Béquet :
M. Scribe a pris cela à Molière : Molière avait pris cela h Cyrano de Bergerac ; Cyrano (\c Bergeiac avait pris cria à Térence ; Térence avait pris cela à Ménandre ; oui, mais où Ménandrc avait-il pris cj'hi ? Ce serait aller au diable, et encore !
Bien que certaines pensées que nous avons eu îl enregistrer semblent avoir été inspirées par le diable lui-même, nous avons pourtant laissé h d'autres lo