CHAISE
Vie de bâton de chaiae.
Pourquoi a-t-on adopté cette expression avec le sens de vie de polichinelle, vie agitée et désordonnée ? C'est là un mystère que nul n'a encore pu pénétrer.
On a hasardé quelques explications : on a prétendu, par exemple, qu'il y avait là une allusion aux bâtons dont se servaient jadis les porteurs de chaises. Mais on ne voit pas trop en quoi lesdits bâtons pourraient fournir un terme de comparaison propre à caractériser une vie échevelée.
La question, posée dans V Intermédiaire des chercheurs, n'a provoqué que des réponses d'une rare insignifiance (10 août 1897, col. 170).
Nous proposerons, à notre tour, une hypothèse qui pourrait bien nous mettre très près de la vérité.
On sait que, dès les premières années du règne de Louis-Philippe, la gaieté des Parisiens, longtemps comprimée par un régime austère, sembla vouloir prendre une éclatante revanche, et passa par une sorte de crise aiguë, qui atteignit son paroxysme à l'époque du carnaval en 1834 et en 1835.
C'était le temps où lord Seymour, surnommé milord TArsouille, étonnait Paris par ses luxeusés excentricités, que d'ailleurs on se plaisait à exagérer.
ALEX., Mus. de la Conv., I. 9