‹ Le musée de la conversation: répertoire de citations françaises, dictons modernes, curiositésChapitre 135 sur 434 · CHAISE — CHANGER · texte numérisé non relu

CHAISE — CHANGER

On se ruait alors aux bals Musard, qui, après avoir quitté la salle des Variétés, et avant de pénétrer à rOpéra, se donnaient alors rue Saint-Honoré, 359.

Là, disait-on à propos de ce roi de Torchestre, dans le Figaro du 3 mars 1835, tout obéit à ses fantaisies ; dépassant Rossini, il a placé le fracas dans T orchestre ; la contredanse de la chaise cassée se termine par la criaillerie de cinquante chaises brisées du même coup. Le fouet, le pistolet, le pétard, tout lui devient harmonie pour célébrer ses joies.

Cinquante chaises brisées !... cela représente un assez joli total de bâtons, dont l'existence, au milieu de cette cohue en délire, devait offrir un parfait modèle de désordre et d'agitation, bien digne de rester proverbial.

Sans nous exagérer la valeur de cette hypothèse, qui s'appuie sur un fait certain, nous la croyons préférable à celles qui ont été proposées jusqu'ici.

« Alfana » vient d* n equus », sans doute; Mais il faut avouer aussi Qu^en venant de 1& Jusqu'ici Il a bien changé sur la route.

Ce quatrain, si souvent cité à propos des faiseurs d'étymologies fantaisistes, est du chevalier de Cailly, qui signait ses vers du pseudonyme d'Aceilly. On le trouve dans ses Diverses petites poésies, publiées en 1667, p. 47.

L'auteur fait ici allusion au fameux linguiste Ménage.

Il nous a paru curieux de rechercher par quel prodige

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de déductions ce savant philologue avait bien pu conclure à une aussi invraisemblable étymologie, et voici ce que nous avons découvert dans son ouvrage intitulé : Le Origini délia lingua italiana, imprimé à Genève, en 1685 (in-folio), à Tart. Alfana:

Cavale. De l'espagnol Alfana, qui a la même signification et qui peut-être fut ainsi formé de l'article arabe al et du nom latin equa. Equa, eka, aka, haka, par l'addition de l'H ; faca, avec le changement de l'H en F ; facana, et par contraction fana ; et enfhi, avec l'article arabe, alfana.

On conviendra qu'une pareille étymologie réalise le comble de la fantaisie et méritait d'être immortalisée par Tépigramme de d'Aceilly.

Nous en pourrions dire autant de celle-ci, due au Père jésuite Bertet, que cite Ménage à la fin du même article ; selon lui, Alfana viendrait de Bucephalus, de la façon suivante :

Bucephalus, bucephalinuSf hucephalina, phalina, phana, fana; et avec l'article arabe, Alfana.

Origine non moins surprenante !

Il faut croire que le chevalier de Cailly était obsédé par le souvenir de la trouvaille de Ménage, car on peut lire encore dans son recueil, p. 169 et 198, deux autres pièces sur le même sujet.

Ij^homme absurde est celui qui ne change Jamais.

Auguste Marseille Barthélémy. Ma Justification, publiée en 1832.

Ce poète-caméléon, qui avait commencé par encenser le roi Louis-Philippe, répondit à ses bienfaits en attaquant son gouvernement dans la Némésis, puis, à la suite de certaines négociations sur lesquelles nous préférons ne pas insister, il reprit sa défense en écrivant, après l'insurrection de juin 1832, la Justification de Vétat de siège.

Il essaya en vain de sauver son nom du mépris qu'il méritait par ce qu'il appelait sa Justification.

« Nous avons chaiig6 tout cela. »

Molière. Le Médecin malgré lui. Palais-Royal, 6 août 1666 ; joué par la troupe du Roi.

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