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COLONIE

français qui avaient un peu de sens. Si toutefois cette scission devait avoir lieu, s'il fallait sacrifier l'intérêt ou la justice, il vaudrait mieux sacrifier les colonies qu'un principe.

[Le MoniteuT du 15 mai, p. 558, col. 1.)

Périssent les colonies! s'écria à son tour Robespierre, s'il doit vous en coûter votre bonheur, votre liberté ! Je le répète : périssent les colonies si les colons veulent, par ies menaces, nous forcer à décréter ce qui convient le plus à leurs intérêts !

On ne sait trop pourquoi M. le duc de Lévis, dans ses Souvenirs et portraits, a reproché à Barnave d'être i'auteur de cette sentence brutale. Un tel langage eût •été bien peu conforme a son attitude dans la discussion sur les gens de couleur, comme on en peut juger par ^e passage du discours qu'il prononça dans la séance -du 11 mai :

Vous n'avez donc qu'une question à résoudre. Voulezvous avoir des colonies, n'en voulez-vous pas avoir? (Il s'élève beaucoup de murmures.) Si cette constitution coloniale est au point que je vous ai annoncé, il faut ou l'admettre, ou renoncer aux colonies, et dire : « Les avantagea de notre commerce, de notre marine, de notre agriculture nous sont moins chers que la consécration des principes. (Il s'élève de nouveaux nmrmures.)... S'il y a quelque mérite à appuyer, à discuter des principes généraux, il y a quelque mérite encore à présenter, quand de grands intérêts le commandent, des modifications particulières à ces principes.

[Moniteur du 13 mai, p. 550, col. 1.)

Il n'y avait là, comme Ta bien fait comprendre M. Léon Deschamps, dans son livre sur la Constituante et les Colonies (1898, p. 322), qu'une sorte de préparation à la formule attribuée à Robespierre.

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