‹ Le musée de la conversation: répertoire de citations françaises, dictons modernes, curiositésChapitre 302 sur 434 · Scène xii, couplets chantés par Dupuis (Solié · texte numérisé non relu

Scène xii, couplets chantés par Dupuis (Solié

— Ecoutez, dit-il à Cécile, sa femme (M"® Dugazon), ce que disait un philosophe aimable à quelques femmes coquettes et exigeantes...

Femmes, voulez-vous éprouver

Si vous êtes encor sensibles ?

Un beau matin, venez rêver

A r ombre des bosquets paisibles ;

Si le silence, la fraîcheur, {bis)

Si l'onde qui fuit et murmure

Agitent encor votre cœur,

Ah ! rendez grâce à la nature.

A quoi Cécile répond :

Maris, qui voulez éprouver Jusqu'où va notre patience.

Vous pourrez bien aussi trouver Le prix de votre impertinence.

Vos femmes valent mieux que vous.

Et j'en rends grâce à la nature.

« Il n^y a pas de vieilles femmes. »

Cette thèse, des plus flatteuses pour le sexe aimable, a été soutenue et développée par Michelet dans son livre : V Amour (Hachette, 1858, in-12). Le chapitre iv

du cinquième livre (Le Rajeunissement de l'amour) a pour titre : Il ny a point de vieille femme.

L'auteur, particulièrement galant pour nos compatriotes, écrit, p. 335 :

Il n'est pas rare pour celle-ci (la Française) que le corps ait vingt-cinq ans et le visage quarante.

Et plus loin, p. 338 : « // n'y a point de vieille femme. Toute, à tout &ge, si elle aime et si elle est bonne, donne à l'homme le moment de l'infini. »

Si les commentaires qui suivent appartiennent à M. Michelet, Tidée avait déjà été émise sous la même forme par le non moins galant M. Alphonse Karr. Nous lisons, en effet, dans les Guêpes de mars 1840, p. 82, au chapitre intitulé Les Fem^mes :

Les femmes ne meurent pas plus de vieillesse que d'autre chose. — D'ailleurs, il n'y a pas de vieilles femmes. — La nature, on ne sait pourquoi, à une certaine époque de leur vie, déguise les femmes en vieilles femmes... — Mais au dedans elles sont toujours jeunes ; elles ont les mômes goûts, les mêmes plaisirs ; — le même amour.

Cette théorie, que nous n'aurions garde de combattre, a été fort plaisamment raillée par deux de nos plus gais vaudevillistes, MM. Eugène Labiche et Edouard Martin, dans une charmante parodie du livre de Michelet, intitulée : r Amour, un fort volume, prix : 3 fr. 50, représentée au Palais-Royal le 16 mars 1859.

Nous y trouvons cet amusant dialogue entre une femme d'un âge mûr et son mari auquel elle cherche à persuader de reprendre la vie commune (scène xn) :

ANATOLiE (M°"* Thierret). — Il n'y a pas de vieilles femmes.

PIPEREL. — Qui est-ce qui a dit ça?

ANATOLiE. — Le chapitre iv.

piPEREL. — Cest possible !... mais il y a de vieux maris.

Bonsoir.

« Les femmes, il n'y a que ça. »

La Périchole, opéra-bouffe en trois actes et 4 .tableaux, de MM. Meilhac et Halévy, mus. d'Offenbach. Variétés, 25 avril 1874. (Déjà représenté en deux actes sur le même théâtre, le 6 octobre 1868.)

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