GALON
de Lulli, représentée à la Cour le 18 janvier 1685, on voyait, au deuxième acte (scène v), une troupe d'amants et d'amantes enchantés dansant autour de la Fontaine de TAmour.
Deux de ces amantes faisaient entendre ces voluptueux accents :
Qui goûte de ces eaux ne peut plus se défendre
De suivre d'amoureuses lois :
Goûtons-en mille et mille fois.
Quand on prend de l'amour, on n'en saurait trop
[prendre.
Le « petit chœur » répondait :
Que pour jamais un nœud charmant nous lie.
Il ne paraît pas douteux que le vers en question ne soit une parodie de celui des amantes de Quinault. Mais où et quand cette parodie a-t-elle pris naissance ? C'est ce que n'ont pu éclaircir ni M. Génin dans ses Récréations philologiques, ni M. Fournier dans l'Esprit des autres.
Nous nous bornerons à constater qu'elle était déjà proverbiale vers la fin du xviii* siècle, comme le prouve cette scène de Ça nen est pas, ou Tout ce gui reluit n'est pas or, comédie-proverbe de Dorvigny (Variétés amusantes, 23 décembre 1779).
Janot, qui croit avoir trouvé un trésor, ne met plus de bornes à son ambition :
— Je me ferai grand seigneur, dit-il à son ami Dodinet (scène i)...
Ah ! dame ! moi, v'ià comme je suis, vois-tu. C'est comme dit staute, quand on prend du galon on n'en saurait trop prendre.