Catalogue dti l'an 111 : n
an V : n" 52; — Catalogue de 1806 : n° 61 ; — Notice de 1 8 1 3 ; n" 63 ; — Notice de 1 S 1 S : n» 37 ; — Notice dei828:n''5iy; — Description de i835 : n" ySS;
Catalogue de i8(J5 : iv^ 838.
VIERGES ET PI ETA. 3i
Nous possédons trois retables où est figuré le dépi")rtement de la croix. Damège, qui parle de deux d'entre eux, en cite un comme venant de Saint-Sernin. Nous ne savons rien du troisième, quoiqu'il soit admirable et d'un art purement français.
C'est un haut-relief de forme allongée, relatif aux scènes de la Passion, où de petits personnages, aussi vivants et résolus que ceux qui dramatisent si magnifiquement les chapiteaux de la Daurade, se meuvent, encadrés d'une gorge dont l'ombre s'éclaire alternativement de feuilles épanouies, sur une haute plinthe lisse couronnée d'une baguette. Des traces fugitives d'ancienne polvcliromie : jaunes apaisés, bleus turquoise, rouges fanés, bruns chauds, blancs sali;:, le re\'étent d'une s(jmptueuse et charmante parure. Son exécution est large et ferme, son arrangement excellent. Et ces avantages le rendent digne de figurer avec honneur dans n'importe quel musée.
Bien que nos registres soient muets sur elle et que le métier de cette petite œuvre n'offre aucune particularité, il nous semble pouvoir préciser à peu prés son âge. Les costumes : bacinets, chaperons ou chapel de fer, gambisons, surcots et ceintures, harnois blanc et grandes poulaines la classent à la lin du quatorzième siècle; les anges, et surtout la gorge, à une époque un peu postérieure. Il est donc probable qu'elle est tout au plus du commencement du quinzième siècle.
Avant de parler de la scène qui nous occupe, il nous semble utile de donner à nos lecteurs une idée générale de toutes les autres. Décrivonsles donc très succinctement :
A la gauche du spectateur et contre l'encadrement brisé, un ange, agenouillé devant Jésus en prières, hausse un phylactère qu'il lui montre du doigt; le Père éternel les assiste du haut d'une nuée, visible à travers les arbres du .Jardin des ()li\-iers. — .ludas embrasse étroitement Jésus que deux soldats saisissent et poussent violemment devant eux; un enfant, tourné vers lui, le traîne par une corde attachée à son poignet.
— Jésus est en butte aux outrages; un de ses bourreaux debout, coiffe d'un chapeau et vêtu d'une cagoule ou d'une dalmatique bleue, le regarde, la main sur son épaule. — Jésus, lié à une colonne, est tlagellè. Pilate contemple cette scène juché dans une sorte de chaire à prêcher.
— L'épisode sui\'ant manque : c'est celui du cruciliement. Il était sans doute taille dans une pierre plus haute qui constituait le centre du motif.
— La \'ieriîe assise soutient Jésus dont le torse de face et les jambes de
profil pendent, presque en arc de cercle, de part et d"autre de ses genoux. Déjetée, les épaules inégalement hautes, la tète penchée en sens inverse du corps, elle retient le cadavre de sa niain droite passée sous lui et porte de sa main gauche une de ses mains à ses lèvres. Le visage à moitié caché sous leur x'oile, les trois saintes Tassistent. Deux d'entre
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