PIED-DROIT DE NABBONNE
soit assis sur le bras de Marie ou debout ^ur ses cenoux. Il nous semble pourtant qu"il se dresse sur sa jambe gauche, la droite repliée. Sa main droite, dont il ne reste que la trace, devait bénir; il porte de la gauche le livre des évangiles.
Est-ce à tort ou à raison que cette sculpture est regardée comme si primitive? Très ancienne si Ton tient compte de la pose archaïque de la \'ierge, de sa simplicité grandiose et de l'ordonnance de ses draperies, d'âge incertain quand on considère son exécution sans tlnesse usitée pendant si longtemps, elle nous paraît presque gothique par rallongement de ses personnages et le mouvement attendri des anges thuriféraires. Nous nous gardons bien de conclure en présence d'éléments si contradictoires, et passons à la description de nos deux autres vierges romanes.
I/une d'elles figure debout et les pieds joints dans la descente de croix représentée sur un des chapiteaux du cloître de la Daurade; elle tient de ses deux mains la main gauche de son lils, sur laquelle elle reposait douloureusement sa tète aujoiu'd'hui brisée. Son nimbe ne porte aucun ornement. Elle est vêtue d'un bliaut garni verticalement d'un large orfroi, d'une jupe très collante et d'un manteau sans ornements, dont les plis rigides effleurent le sol.
La deuxième, également en pied, faisait partie d'une annonciation. Elle est en marbre, de grandeur naturelle, et nous vient, dit-on, des Cordeliers. Elle tait face au spectateur, la tète tournée vers l'ange qui est à sa droite, la main droite levée dans un geste de surprise, la gauche pressant contre son flanc, à hauteur de la taille, le côté droit de son manteau.
Ce manteau, peut-être ce voile, enveloppe la tète, laisse voir les cheveux disposés en bandeaux, et tombe, de part et d'autre du visage, en festons étages, puis, jusqu'au sol, en plis peu profonds et sans effet, qui donnent à cette figure un aspect incolore et froid. Il laisse apercevoir le bliaut dont l'étroite ouverture est fermée, sur la gorge, par une fibule en forme d'anneau. Le visage est d'un dessin sans accent avec ses gros yeux saillants à prunelle incisée, ses lèvres minces et ses contours coupants. Une restauration au plâtre a remplacé le bout du nez et la partie des jambes comprise entre les genoux et les pieds.
Comme tous les petits personnages débordants de passion qui se meuvent sur les pierres sculptées du cloître de la Daurade, la première de ces deux figures est d'une exécution ner\-euse et pittoresque qui