I. Description de i835 : n
un examen attentif nous fait croire qu'elle a été faite par un des artistes qui ont travaillé aux apôtres et aux saints de Rieux. Ses similitudes avec ces images et, en particulier, avec celle de Jean Tissendier, sont indiscutables. Elles ont toutes deux la tête forte, les épaules étroites et tombantes, la face large, les joues pleines et ce menton saillant, coupé d'une fossette, qui s'attache au cou par un long plan très incliné. Si le visage de la \'ierge, très jeune et très doux, diffère, par son enveloppe, de celui de l'évéque, dont les traits sont plus accentués, ils ont tous deux, malgré ces dissemblances, de nombreuses analogies : oreilles très écartées, yeux saillants sous des sourcils courbes, lèvres minces jointes à un nez droit par un très petit intervalle, profils presque parallèles, dont il semble que l'on pourrait superposer les deux contours; aussi nous n'hésitons pas à les croire sorties des mômes ateliers. Les draperies, où nous trouvons les mêmes grands clairs tranquilles, les mêmes ombres, les mêmes plis onduleux et variés, nous confirment dans cette pensée, et nous pouvons dès lors dater notre statue du milieu du quatorzième siècle, puisque c'est en 1848 au plus tard que fut achevée la chapelle de Rieux, dont nous la disons contemporaine.
Bien que les personnages de ce groupe soient moins représentatifs et moins divins que ceux qui figurent dans les basreliefs déjà décrits, ils conservent encore une majesté qu'ils perdront dans quelques années. Jésus n'a plus son nimbe crucifère et ne répand plus ses bénédictions, mais c'est encore l'Enfant-Dieu que l'on lève bien haut pour le mieux montrer à la multitude. Nu jusqu'à la ceinture, les jambes enroulées dans une des extrémités du voile de sa mère,