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l'Italie du Nord, dont deux vont remettre en lumière des artistes oubliés : Girolamo de Vicence a signé un grand Martyre de saint Sébastien, pour lequel on eût cherché un nom entre Carpaccio et Borgognone ; le Bernardino da Milano, dont le nom est inscrit, avec la date de 1507, au bas d’un tableau d’autel, est distinet de Bernardino de’ Conti et serait confondu,
sans la signature avec un Véronais tel que Girolamo dai Libri. Ce Milanais a dû travailler, comme Andrea So- Jario, dans la Terre Ferme de Venise.
Dans la série des œuvres qui ont été ou qui seront bientôt l'objet d’attributions plus ou moins imprévues etplusou moins certaines, on peut citer la Vierge d'Antonello de Saliba, le continuateur
sicilien d'Antonello de Messine, une
Cliché Bulloz.
autre Vierge, que BERNARDINO DA MILANO. — « SACRA CONVERSAZIONE ». M. Berenson a don-
née à Domenico Morone de Vérone, et qui pourrait être revendiquée par un Padouan ou un Ferrarais, proches des peintres du palais de Schifanoïa ; la petite sainte Ursule entre deux anges, dans une curieuse architecture de ruines, qu'il faut rendre, avec M. Berenson, à un peintre fort peu connu en dehors de Faenza, sa patrie, Leonardo Scaletta !.
1. Une seule œuvre de ce disciple de l’école de Ferrare avait été citée jusqu'à ce jour, un tableau votif de la petite Pinacothèque de Faenza, avec le portrait du bienheureux Giacomo Bertoni. Voir N. A. Messeri et Achille Calzi, Faenza nella Sloria e nell’ Arte, Faenza, 1909, pl. 1; p. 530-531.
Quel que soit l'intérêt de la collection pour l'histoire de la peinture religieuse pendant la Renaissance, la curiosité des visiteurs et des chercheurs sera surtout piquée par les peintures profanes, qui se retrouvent ici, comme jadis, dans les salles d’un palazzo. f.
Au xiv° siècle, les sujets profanes avaient été élevés parfois à la dignité de la fresque, comme l'atteste le roman français de la châtelaine de Vergy, peint à Florence dans le palais Davizzi (plus tard Davanzati); au commencement du xiv* siècle, ils sont relégués sur les meubles, qu'il était d'usage (Cennino Cennini en est garant), de décorer de peintures. Le musée Jacquemart-André a fait place, au-dessous des tableaux d'oratoires, à plusieurs de ces grands coffres, les cassoni qui renfermaient le trousseau d’un riche mariage, les soieries et les fourrures, et dont la décoration, faite de reliefs dorés ou de peintures, mettait en scène un petit monde de figurines. Parmi ces miniatures a tempera, les sujets religieux étaient rares : c'étaient des scènes bibliques de mariage et d'amour, l’histoire d’'Esther ou celle de la Reine de Saba, ou des scènes chevaleresques : le saint (Georges du musée André, qui combat comme un beau soldat de plomb ou d'argent une si divertissante tarasque, devant une princesse dont rèvera Jean Veber, est une miniature sur bois de Paolo Uccello, qui paraît être un morceau de cassone. Sur d’autres coffres, qui ont gardé leur forme et qui supportent, comme autrefois, des coffrets, des vases et des pièces d'orfèvrerie, des héros et des héroïnes défilent entre les arbres des Champs-Elysées, avec de fantasques costumes de Preux et de Preuses ; des triomphes succèdent à des mêlées; sur un cassone véronais, Atalante est vaincue à la course par l’appât des pommes d’or. Les images de la vie contemporaine se mélaient, dans ces peintures d'usage domestique, aux scènes légendaires : la visite à une accouchée florentine est peinte par Pesellino ou l’un de ses élèves, sur l’un des plateaux qui servaient à porter les présents après une naissance, et que l’on voit sur la tête des jeunes gens qui traversent le cortile.
Beaucoup de ces peintures sont des ouvrages à la douzaine, — dozzinali, comme disent les Italiens; quelques-unes sont des œuvres de maîtres. Parmi tous les peintres du xv° siècle, celui qui semblait prédestiné à raconter les plus belles légendes pour «les chambres des dames », n’était-il pas Carpaccio ? Il se peut qu’il ait peint des coffrets, comme Giovanni
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