GIAMBATTISTA
La grande fresque qui occupait, dans la salle d'entrée de la villa de Mira, la paroi de fond, et qui mesure 7"50 de long, est placée, dans l'hôtel du boulevard Haussmann, en haut de l'escalier : les deux fresques étroites qui sont disposées à droite et à gauche étaient placées à Mira, en face de la fresque panoramique; elles mettent en scène des spectateurs qui, de leur balcon, regardent l’arrivée du roi sur le perron où l'attend le patricien. Le tout était dominé par un plafond à la Mantegna, qui a trouvé sa place, lui aussi, dans l'hôtel du boulevard Haussmann un ciel que la Renommée traverse avec un vol d'amours, en annonçant l'arrivée du roi, que le procurateur attend du haut d’une balustrade entourée de personnages bigarrés et de dames hautaines.
Le Henri III de Tiepolo a été publié dans un article de M. de Chennevières dès 1894, au lendemain du marouflage des peintures : il pourrait faire le sujet d'un volume. Quelques mots sufliront ici pour montrer l'importance historique de cet ensemble de fresques.
Les peintures de Mira sont datées de la façon la plus exacte par la description que le comte Algarotti en a donnée dans une lettre à Gian Pietro Zanetti, le 10 mai 1756. Le développement du thème de la grande fresque dans l'esprit de l'artiste peut être saisi, grâce à l’esquisse peinte que la baronne Guillaume de Rothschild possède à Francfort et dont elle a eu l'extrême bienveillance de nous faire adresser une photographie?.
En passant du petit tableau à la vaste fresque, les colonnes se sont écartées, les groupes espacés, on dirait qu'entre les deux étapes de la création, il est entré dans les yeux du peintre plus de lumière et de ciel. Des problèmes, qui se posent mal en présence de la fresque, trouvent leur solution sur l’esquisse : on voit comment le nain, qui laisse ses jambes pendantes en dehors du tableau, dans une échancrure de la corniche, ménagée à Paris, comme elle l'était à Mira, avait été, dans l'imagination de l'artiste, placé sur les marches d’un escalier. Des acteurs nouveaux sont intervenus : le peintre a dépêché au nain, si peu pressé de se lever à l'approche du royal visiteur, son propre serviteur nègre, Alim. Tiepolo figurait en personne dans l’esquisse, à gauche et à l’arrière-