‹ Le Musée Jacquemart-AndréChapitre 16 sur 22 · Gazette des Beaux-Arts · texte numérisé non relu

Gazette des Beaux-Arts

2. Il existe de cette esquisse une bonne copie par Domenico Tiepolo, le fils du maitre, au Musée de Berlin.

plan. Dans l’ensemble des fresques, il s’est mis en meilleure place et en plus agréable compagnie : il s’est transporté en face de Henri II et il s’est glissé entre la dame qui se penche au balcon et son barbon d’époux. En vérité, il regarde peu cette spectatrice. Il a réservé ses attentions les plus impérieuses pour une autre. La patricienne en robe blanche, qui, sur l’esquisse, est vue de profil perdu et regarde le jeune roi, a détourné la tête vers nous, sur la fresque, pour ne rien laisser perdre de son altière beauté : cette géante du Véronèse, c’est la Cristina, qui fut pendant trente ans le modèle de Tiepolo.

Quant à Henri IT, c'est un portrait, peint de beaucoup plus loin que la Bella, sa voisine, mais suffisamment authentique. Tiepolo a eu pour modèle du roi de France un portrait que Jacopo Contarini, — un parent du Federigo de la villa Mira, — qui fit les frais de la magnifique réception de Henri IT au Lido, avait fait peindre par le Tintoret; l'un de ses descendants le donna en 1714 à la République, et le tableau se trouve encore, en assez mauvais état, au Palais ducal. Tiepolo, en le transportant dans sa fresque, lui a rendu une immortelle jeunesse.

Quand M. et M"° André n'auraient donné à Paris que cette page d'histoire, n'est-il pas vrai qu'ils auraient bien mérité de la France ?

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