PAYSAGE AUX ENVIRONS DE HAARLHM, PAR JACOB R U I S D A E L
plus savantes. Un tableautin de Wynants, Paysage de dunes , offre des qualités approchantes, dans sa sincérité moins émue.
C’est sous l’influence constante des maîtres flamands et hollandais que se développa, au x\ 111e siècle, l’école anglaise de peinture, dans le portrait d’abord, puis dans le paysage. Ses meilleurs chefs de li le nous y présentent ici quelques bons spécimens de leur talent. C’est d’abord Reynolds, dont deux gentlemen, d’aspect grave et de belle tenue, l’un, le colonel marquis de Granby, fils de John, duc de Rolland, peint en 1747; l’autre, le capitaine Jouking, de 1756,
LE MUSEE .TACOUEMART-ANDÏIÉ
nous montrent l’artiste voyageur et savant, plus imbu dos méthodes llamandes avant d’avoir quitté l’Angleterre, et plus préoccupé de technique italienne, après ses croisières dans la Méditerranée et son séjour en Italie. Les deux personnages représentés, assez rigides et gourmés, ne semblent pas très intéressants. A coté d’eux, une dame d’âge mûr, à mi-corps, plus vivante et plus personnelle, justifie l’admiration que portaient a Komncy nombre de ses contemporains, l’estimant au même degré que Reynolds et Gainsborough. L’est vraiment un beau type que cette Mrs Sarah Trimmer, née Kirby, mariée en 1741, morte en 1810, femme de lettres, auteur de livres sur l’éducation. Vue de trois quarts, à mi-corps, assise et croisant ses deux mains potelées sur ses genoux, la tête droite, le regard assuré, avec un grtmd front et des cheveux grisonnants sous un énorme bonnet de linge à bords tuyautés, avec des manches bouffantes de soie violette, et un gros nœud de ruban blanc sur la poi- Irine, < * 1 le semble se sourire à elle-même d’un air doucement satisfait de son expérience et de son autorité. La peinture, souple et grasse, s’harmonise agréablement avec ce caractère de pédagogue bienveillante.
Bien anglais aussi, dans son cadre ovale, en buste, Lord Rudney, par Gainsborough, un homme d’âge, frisé et poudré, d’une distinc- I ion intelligente, avec ses yeux vifs et perçants, son air lin, un peu triste, mais très noble. Bien anglaise encore, par Hoppner, dans un ovale encore, celte Mrx Inchbold, née Elisabeth Simpson, actrice au Lovent Gardon, femme de lettres aussi, auteur du roman A simple s tory et d’une Histoire du, Théâtre Anglais. Un Portrait de Robert llohart, comte de Buckingham , complète cette intéressante galerie de gentlemen et de ladies. L’école allemande des portraitistes au xvnL siècle n’est représentée que par Hein si us, dont le Portrait de dame montre le talent, un peu froid, sous son meilleur jour. Mais l’école espagnole des xvne et xvme siècles, avec deux pièces seulement, d’une valeur réelle, nous apporte un appoint sérieux. L’une, d’une qualité supérieure dans l’œuvre du grand maître, par Murillo, est un Portrait d'un moine, en buste, tenant dans sa main gauche un livre entr’ouvert. Rien de plus grave, de plus pensif que ce visage délicat et pâle, aux traits distingués et fins, d’une physionomie extraordinairement intelligente, convaincue, éloquente. La main, maigre et souple, avec l’index entre les feuillets du livre, est, comme le visage, une merveille de rendu exact et expressif, sans nulle trace de virtuosité, ni d’improvisation hâtive. L’est du plus bel
LA PEINTURE
Sous-lieutenant du régiment d'Almanza, fut brossée sans scrupule, par le hardi praticien, sur un panneau déjà peint par un paysagiste hollandais, avec un en train extraordinaire. Autour de la face camuse, un peu brutale, de ce soudard avantageux, son noir bonnet à poil, sa veste blanche et les éclats multicolores de sa ceinture rayée, de son ceinturon, de son sabre, de ses culottes, de ses bottes, forment un assortiment bizarre de couleurs voyantes et solides, d’une chaleur réjouissante. Dans ce Goya, comme dans ce Murillo, se mêlent
Ut
art. En même temps que la grande école d’Espagne, à sa plus glorieuse période, nous est ainsi rappelée, une esquisse vive, colorée, d’une verve éclatante, nous ramène à son dernier maître au commencement du xixe siècle, à Goya. La petite figure en pied, d’un
Cliché J. -E- Bulloz.