‹ Le Musée Jacquemart-AndréChapitre 12 sur 47 · PORTRAIT DE NI R S. S A R A II T R I NI NI E R ( ? PAR ROMN’EY · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE NI R S. S A R A II T R I NI NI E R ( ? PAR ROMN’EY

d’ailleurs, aux traditions espagnoles et flamandes, quelques, impressions d Italie, soit pour la noble délicatesse des modelés expressifs che/ l’un; soit, chez l’autre, pour des harmonies vénitiennes. Ou sait 1 admiration de Goya pour Tiepolo et l'influence qu’il en reçut, comme peintre, par les décorations de Madrid et de l Escurial et, comme graveur, par les eaux-fortes.

Justement nous trouvons ici, et dans une suite d’œuvres magistrales < | u i n’a point d’équivalence hors de la Vénétie, la Lombardie, l’Allemagne (AN urzburg) et I Espagne, le génie du grand décorateur qui enchanta, par ses adorables rêveries, visions et fantaisies, les derniers jours de la glorieuse Venise au x\ni° siècle. L’admiration, active et généreuse, de M. et Mmo André pour Gian- Bdlista Tiepolo leur a permis de réunir dans leur palais, à quatre plafonds du inaitre, la composition murale la plus importante qu’on puisse admirer hors des pays oii travailla cet infatigable fresquiste. Lorsque cette Bépeption du roi Henri lll de France dans le palais des Conta ri ni fut acquise en 1894 et placée en 1896, la Gazelle des Beaux- Arts en donna la première des reproductions avec un texte de M. Henry do Chenncvières h Vous n’avons rien à ajouter à ce travail consciencieux et ne pouvons qu’y renvoyer le lecteur. On y verra par quelle initiative passionnée et rapide M. et Mme André ont pu, non sans de graves difficultés, assurer à la France la possession d’une œuvre .aussi intéressante pour nous au point de vue historique et national qu’au point de vue pittoresque. On y trouvera aussi d’intéressants détails sur le séjour du roi à Venise, sur les l’êtes somptueuses données en son honneur par la Sérénissime République, cl sur sa halte à Mira, sur la Brontà, chez les Contarini, d’après les documents mis en œuvre par MM. de Nolliac et Solerti1 2. M. de Ghonnevières a décrit avec précision la scène et analysé avec goût les qualités exquises de cette œuvre à la fois solennelle et familière, réelle et poétique, où la gloire du puissant agitateur de formes en mouvement, de colorations légères délicieusemenl assorties, se manifeste avec une allégresse encore juvénile d’un charme incomparable. Bien que la chronologie des innombrables créations de Tiepolo en ce genre soit difficilement établie, on a tout lieu de penser que ce travail lui fut commandé vers 1740

1. Henry de Chennevières, Les Tiepolo de l’Hôtel Édouard André ( Gazette des Beaux-Arts, 1896, t. I, p. 121-130.

2. Pierre de Nolhae et Angelo Solerti. fl Viaggio in Italia di Enrico lll re di Frauda, Tor-ino, p. Roma, 1890, in-18.

LA PEINTURE

par les l’isani, successeurs des Contarini dans la villa des Lions à Mira.

Depuis les articles de M. de Cliennevières, une étude complète et, I on peut dire, monumentale, sur Tiepolo a été publiée par M. Pompeo Molmenti. Aux détails déjà connus sur les fresques de

Cliché J.-E. Bulloz.

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