‹ Le Musée Jacquemart-AndréChapitre 16 sur 47 · LES PEINTRES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LES PEINTRES FRANÇAIS

Si M'"c Edouard André n’avaiL point été surprise par une mort prématurée, il est probable que sa collection de peintures et dessins français se serait grandement accrue. Dans ces dernières années, elle avait, en effet, saisi toutes les occasions d’eji compléter les lacunes. En 189b, à la vente Guyot de Villeneuve, elle avait, de haute lutte, conquis, à un très haut prix, ces deux admirables manuscrits à miniatures dont on trouvera ci-après la description par M. le comte Paul Durrieu, l'eu d’œuvres de notre ancien arl méritaient mieux d’être retenues dans leur pays d’origine. L’un de ces manuscrits, de 1350 environ, les Heures de Jeanne de Savoie, attribué au célèbre Jehan Puce Ile, est un excellent spécimen du talent de nos enlumineurs parisiens au xive siècle; l’autre, les Ht •ares dit Maréchal de Boucicaut, exécuté dans les premières années du xvc siècle, par Jacques Goene ou quelque autre artiste international, nous montre, avant les van Eyck et les illustrateurs du duc de Berry, à quel point de beauté était déjà parvenu l’éclectisme intelligent de ces artistes curieux et voyageurs, nés pour la plupart dans la France du Nord, mais connaissant bien l’Italie, et travaillant dans le milieu dont ils développent le génie de composition vivante et d’expression physionomique. Dans ces deux recueils, en effet, les portraits sont déjà nombreux et d’une vérité franche et sincère qui prépare et annonce toutes les évolutions postérieures de l’art du portrait en France. C’est cet art que Mme Edouard André, excellente portraitiste elle-même, préférait de plus en plus à tout autre, comme le prouve l’abondance des effigies historiques, soit peintes, soit sculptées, qu’elle a multipliées non seulement à Paris, dans l'hôtel du boulevard Haussmann, mais encore à Chaalis.

Pour le xvic siècle, c’est elle qui, aux deux Corneille de Lyon du

LA PEINTURE

premier fonds, avait ajouté, en 1892 et 1895, les deux beaux Portraits d’ ecclésiastiques sortis du meme atelier, et, en 1911, celui de Catherine de Médicis.

Lue seule figure nous rappelle le xvue siècle, mais c’est celle

Cliché .T.-E Bulloz.

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