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Louis XIII ; il y montre du moins ses qualités d’observateur précis, ses habiletés et tour de main de maître-graveur et ciseleur, affranchi du mauvais goût emphatique dont il avait eu quelque peine à se défaire.
C’est à lui (jue Louis XIV devait confier le soin d’exécuter la grande médaille commémorative de la venue en France du cavalier Bcrnin, et ce document, — œuvre d’un Flamand, d’abord romanisant, devenu français et retrouvant, au contact de l’esprit français la vertu d’un réalisme plus efficace et plus simple, consacré à la gloire du grand Italien dont le génie influença si profondément les maîtres du « grand siècle », — est comme un résumé symbolique de tout ce qui se passa sous Louis XIV dans la sculpture française.
Le Musée Jacquemart-André n’a recueilli qu’une seule œuvre des grands tailleurs de marbre qui travaillèrent pour le Grand Moi, el si intéressante soit-elle, on ne saurait la ranger au nombre des chefsd’œuvre de son auteur, l’un des plus féconds et le plus génial sculpteur de notre xvne siècle, Antoine Coysevox. Sa signature avec la date 1711 se lit au revers de l’épaule gaucho du buste, tandis qu’on distingue de l’autre côté les restes d’une inscription : (( ... briel. architecte ». Un mémoire de M. Paul Vitry inséré dans les Mélanges Lemonnier a établi qu’il s’agit de Jacques Gabriel, mort en 1080. Au détail du costume, on pouvait déjà reconnaître un artiste ou un homme de lettres; une simple chemise (boutonnée, il est vrai, alors que nos sculpteurs l’ouvraient plus habituellement sur la poitrine pour exprimer sans doute le laisser-aller du travail d’atelier et le feu de l’inspiration) recouvre le torse, mais un grand manteau l’enveloppe et I ennoblit d’une ample draperie et les boucles de la solennelle perruque retombent sur les épaules. Si attentif que soit le dessin de la bouche, que Coysevox essaya évidemment de restituer d’après des documents authentiques, on sent que le sculpteur n’est pas, ici, soutenu et excité par la présence réelle de la nature et de la vie. Il y avait cinq lustres que Jacques Gabriel était mort, quand on commanda ce marbre au maître, qui, malgré ses soixante et onze ans bien sonnés, venait de prouver, par l’admirable buste d’Antoine Coypel et par la délicieuse statue de la duchesse de Bourgogne, qu’il n’avait rien perdu de sa flamme et de son génie.
Jacques Gabriel, qui construisit le pont Royal, n’avait joué qu’un rôle assez effacé dans l’histoire de l’architecture au xvne siècle; il avait eu du moins le privilège d’entrer par son mariage dans une illustre lignée d’architectes, sa femme, Marie Delisle, étant la propre
LA SCULPTURE
nièce «le François Mansart et la cousine de Jules-Hardouin Mansart. Son lits devait pousser plus haut la fortune et la gloire de la famille. Nous avons ici son b liste, oeuvre brillante de Jean-Louis Lemoyne.
Cliché J.-E. BulLoz.