A LA REVUE DE CHALONS
Le président Faure apparaissant en chef de bataillon de l'armée territoriale afin de pouvoir se ménager une porte de sortie.
{Kikeriki, 11 octobre.)
Mme Félix Faure, grâce aux difficultés soulevées par le protocole.
Tandis que se transformant en tailleurs, les caricaturistes étrangers dessinaient des projets de costume pour le président de la République, cherchant à le ridiculiser sous les accoutrements les plus étranges, les plus grotesques,
Madame Prudence conseille Mais la folâtre jeune femme,
vivement à la belle France de ainsi qu'on peut le voir, ne
se préparer à la visite attendue tient nullement compte des re-
avec toute la réserve qui con- montrances delà vieille dame,
vient à une chaste jeune fille. Bien au contraire.
(Jugend, de Munich, septembre.)
lui faisant endosser toutes les défroques historiques, depuis Clovis jusqu'à Napoléon 1er — les crayons français devaient les suivre dans cette voie — la République passait, elle aussi, par toutes les transformations possibles.
Tantôt habillée en Cosaque, un knout en main au lieu du triangle égalitaire, tantôt coiffée d'un bonnet de fourrure lui entrant jusque sur les épaules, elle fait, vraiment, triste figure, l'antique déesse de la Liberté.
Sur ces images passe comme un ressouvenir des spiri-
LES CARICATURES ETRANGERES 33
tuelles charges de 1848 à 1852, dans l'ancien grand Jour- Haï pour rire.
On ne cherchait pas seulement à nous ridiculiser ; de toutes parts on se fit un plaisir de nous couvrir de boue.
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Impérial manteau de pour- cains l'ont bien arrangée ! Elle res-
pre, et culotte de bicycliste, semble déjà plutôt à un Cosaque
mélange du passé et du futur. qu'à une déesse de la Liberté. (Le Sapajou, de Genève.) (18 octobre.)
Jadis, la Nana d'Emile Zola n'avait déteint que sur l'Italie ; du jour où il a plu au Tsar de venir à Paris, la France a été nanifiée dans les journaux du monde entier. Autrichiens, Hongrois, Hollandais, Suisses, c'est à qui aura la palme dans cette circonstance. Si le Fischietto, de Turin, représente
MUSÉE PITTORESQUE DU VOYAGE DU TSAIl
Marianne au lit, dans le débraillé d'un lendemain d'orgie, le Borsszem Jankô, journal hongrois, la transforme en
Bob Walter dans le Bain de la Parisienne, et Abraham Prikkie, une petite feuille de Rotterdam qui porte le nom de son éditeur, pousse la gallophobie jusqu'à nous appeler « nation prostituée » . Pour qu'on ne s'y trompe point, pour que les braves llollan-
Lcs Russes déportés en Sibérie envoient aux Français un souvenir symbolique de leur enthousiasme républicain.
(L'Asino, de Rome, 27 septembre.)
dais, sans doute, n'aient pas à rougir de pareils termes, ce titre est imprimé en français.
On ne saurait être plus galant.
Et retenez bien ceci: auparavant, on avait été relativement convenable. Le Fischietto excepté , on était resté sur le terrain de la politique ; on avait crié à la France : « Gare à ta bourse, l'emprunt russe est là » ; on lui avait reproché défouler aux pieds les principes dont elle s'était fait, de tout temps,