RENCONTRE ÉMOUVANTE A. PARIS
M. Deibler. — De cette façon, cher ami, quelle différence trouvez-vous entre votre empire et notre république.
Gaspard Strangolaroff. — Bien pelile. Vous civilisez le monde avec la hache, nous avec la corde !
(L'Asino, 11 octobre.)
LES CARICATURES ETRANGERES
la vulgarisatrice. Q^a était de bonne guerre. Certaines images imbues d'un esprit encore plus général, \- v, / - """" d'une portée encore plus philosophique , reprenaient la vieille idée du Monde renversé , en disant : <( Autrefois, c'était l'ours qu'on faisait danser, maintenant c'est l'ours qui, à son tour, fait danser. )) Cela ne manquait point d'un certain à propos.
Après la visite, le déchaînement devint général ; seuls, peut-être, les Anglais sont restés d'une correction parfaite se contentant , comme le Punch , de spirituelles satires. Justice leur soit rendue !
Les Allemands qui s'étaient fait remarquer par une certaine réserve, qui, du moins, n'étaient point sortis du domaine de la grande caricature politique, ont
emboîté le pas aux Italiens et aux Hollandais et, déjà, les Lustige Blœtter ont ouvert le feu avec une caricature sur laquelle la République Française et le Tsar sont tous deux en singulière posture!
Que vaut-il mieux regarder: l'horizon éclairci par l'alliance franco^ russe ou les peuples en colère.
(Sipy, de. Prague, 10 octobre.)
Allusion au mécontentement de l'Angleterre et de rAllemagne.
A vrai dire, ce n'est ni plus ni moins que ce qui a été publié depuis un mois, que tout ce que les journaux en deçà des Alpes nous ont si généreusement octroyé dès les premiers jours d'août; qu'elle vienne de Berlin ou de Turin, l'insulte est toujours aussi grossière, toujours aussi indigne de gens bien élevés.
Et tout cela pourquoi? Parce que, contrairement aux espérances des puissances intéressées à maintenir l'isolement autour de la France, contrairement aux projets caressés par certaine nation à l'ambition dévorante et à l'amourpropre froissé, un souverain étranger, le Tsar, est venu à Paris, ayant tenu très certainement à voir par lui-même si toutes les infamies qui se colportent couramment sur le compte de la France sont exactes.
Certes, cette guerre acharnée à coups de crayon, ces injures graphiques déversées à plaisir se comprendraient s'il s'agissait de défendre la liberté, l'indépendance d'un peuple. Dans le cas actuel elles sont sans raison d'être mais renseignent d'une façon significative sur les sentiments de l'Europe à notre égard.
Ainsi donc, ce qui apparaissait tout naturel quand les pays visités par les jeunes souverains russes s'appelaient l'Empire austro-hongrois, l'Empire d'Allemagne; quand les villes étaient Vienne et Breslau, devient une chose monstrueuse quand le pays répond au titre officiel de République Française.
Et la caricature européenne nous fait assister à ce spectacle vraiment sans précédent d'un pays n'ayant pas le droit de recevoir un souverain, parce qu'il n'a, lui, qu'un président, sans être immédiatement qualifié par l'image de nation prostituée.
Que de gros mots pour un voyage !
Que d'épithètes malsonnantes pour un acte de courtoisie.
LES CARICATURES ÉTRANGÈRES 37
Même pour une visite impériale, plus ou moins intéressée, faite à une dame républicaine, peu habituée à pareils égards, c'est encore dépasser la mesure.