‹ Le Musée rétrospectif de la photographie à l'Exposition universelle de 1900Chapitre 9 sur 19 · PHOTOGRAPHE · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHE

rable pour le vendeur, elle l'osl lioaiicoiip iiioiiis pour rachcteur, car un bon obturateur est encore (l"uii prix élev('.

Pour plusieurs raisons [iraliques (>t théoriques, il seuiljle pn^H'-ralile (pie l'obturateur, formé par un rideau à feute varialile et mil par un ressort plus ou moins tendu, soil fixé dans la chambre noire le plus près possible du châssis porto-plaque: à côté des avantages théoriques de ce système, on n'aurait ainsi qu'un seul obturateur jiour lous les objectifs q-.ie l'on veut monter siu' uue même chambre noire simple ou stéréoscopique. Or uous avons déjà dit (pic l'opérateur qui veut être maiire de son sujet et ne pas être commandé par son appareil doit avoir à sa dis|iosilion une série d'objectifs de foyer dillé'reiils: ce desideratum est plus facile à réaliser avec roljtuiatcui- à ridt'au Innctionnant dans l'intérieur de la clunulire.

La merveilleuse rapidité' ilimpression que possèdent les préparations au iiélatino-bromure d'argent a doté la science de nouveaux modes d'observation (pii ont nécessité l'invention d'appareils spéciaux. Nous citerons parmi ces recherches celles qui se rapportent à la chronophotographie et à la photogrammétrie ou métrophotographie.

+0 Ku.- ilr lii.L.lv. +1).

Anîrlie-rL'clame diin piulV

Chroivij)hul(t(/niijh)r. — Sous ce nom on doit grouper toutes les méthodes qui ont pour but d'enregistrer les pjiases successives d'un mouvement, (pielque rapides qu'elU'S soient.

Jusqu'ici les méthodes cliroiioiihotographiques ont été princi|ialement appliquées aux éludes astronomiques et cinématiques, ces dernières surtout ont pu se développer très largement grâce à la rapidité d'impression.

Dès 1874, et bien avant f[ue les glaces au gélatino-bromure d'argent fussent employées pratiquement, M. Jansseu avait fait construire sous le nom de revolver photographique un appareil destiné à enregistrer sur plaque daguerrienne une série d'images montrant la marche de la planète Vénus passant sur le soleil (année 1874-.)

Après avoir indiqué le mode de construction et de marche de son appareil, M. Jansseu ajoute! Il:" La propriété du revolver jiholographique de pouvoir donner

(1) Bulletin de la Société Française de Photographie, 1876, page lOo.

puhlu'

HL'clame de Carjal vei's 1882 clans tics jimi-naiix illustrés.

aiitomatiiiiicment une série d'images nomhi-eiises, aussi rapprochées ([ii'on le veut, d'un pliéiioniène à variations rapides, permettra d'aborder des questions intéressantes de nuMaiiiiiui' pliysinlôgiqiic cl se rap|)oi'tant à la marclie, au vol des

oiseaux, aux divers mouvements des animaux

La principale difficulté viendrait actuellement de l'inertie de nos surfaces sensibles, eu égard aux durées si courtes d'impression que ces images exigent : mais la science lèvera sans doute ces difficultés. »

M. .lanssen prc'vovait !;i di'Cdiivi'iic Irés prochaine du proc('(l('' au gélatino-lu-Dinurc d'argenl, vers laipielle convergeaient une série de travaux antérieurs, Poitexin en 1850, Stas en IHT.'îet 187'f, Bennett en 1878, travaux qui se résument en la formule très pratique donnée par Benneit pour la préparation d'une émulsion extrascii^ilih': hi prévision de M. Janssen est réalisée, on est arrivé à l'instantanéité.

M, le docteur Marey, qui poursuivait ses savantes études des mouvements, remplaça le revolver des recherches aslr(moinii|ue< par un fusil-revolver lurmettant de viser, de suivre et de saisir le mouvement des ailes d'un oiseau (i). Ce fusil donne douze images se suivant sur la même jilaque et la rapidité d'iiiqn'ession de chacune est de 1,7:20 de seconde.

M. le docteur .Marey a jaiblié ses études en 1800 dans un livre inliluii' le Vol (1rs oisf'tui.r (2), et il a contimu' depuis ses nombreux travaux; il a fait sur son exposition an Musée centennal nu rapport spécial auquel nous renvoyons le lecteur.

Lorsque l'obtention des épreuves successives d'un sujet en mouvement fut réalisée, on eut avec l'exactitude photographique ce que le Phénakisticope (3) de nos jeunes années avait préscnlé avec des dessins plus ou

Passade elo A'émis sur le soleil (1874).

C^liclié <)l)teim par le re\'oK'er plii)t<>^raphi(iiie

lie M. Janssen.

(1) ttultelin lie la Sucifté Fiançcfse de Photographie, mai 18S2, tome X.WIII. pa^e 127.

(2) Le Vol (les oiseau.r, par J. .Marey, membre de rinstiliit, 18'J0. (0. .Massoii, éililcur.l (3;. Le Phénakisticope a été inveuté par Plateau en lS3;j.

on

moins j;i'ossiers oxcciilrs à la main; inimcdiatement l'application en fut faite et on vit paraître sousdes nomsdifierents, telsqnobioseope, zootrope. pliakinescope, etc., des appareils basés sur le même principe que le phénakisticope et dans lesquels les épreuves, fixées sur un disque ou sur un tambour, tournent et apparaissent à l'œil avec de rapides intermittences. La dui-ée d'impression sur la rétine, qui est d'environ un dixième de seconde, fait que ces épreuves semblent se suivre sans interru))tion et on voit le sujet se mouvoir comme dans la nature.

M. le docteur Marey fit même modeler en ronde bosse, d'après ses photographies, une série de figures d'un goéland, au quart environ de grandeur naturelle, ayant chacuiK* les ailes et le corps dans les positions successives du vol, et, lorsqu'on met en marche l'appareil sur leipiel sont montés ces sujets, on voit un seul oiseau voler et on peut en suivre tous les mouvements.

Même avant la mise en pratique du procédé au gélatino-bromure, MM. Muybridge, Anschutz, Demeny qui avait travaillé dans le laboratoire de M. Marey, ont montré des résultats analogues obtenus au moyen de divers appareils qui n'ont pas ])aru au Musée ; M. Londe, chargé du service photographique de la Salpêlrière, avait envoyé et placé dans la vitrine de M. Marey un ensemble d'appareils permettant d'(''tudier les mouvements des malades atteints de maladies nerveuses.

Malgré tout l'intérêt (|iie i)résentaient ces épreuves, on voyait se répéter rapidement le même sujet, visible seulement pour un très petit nombre de spectateurs ou même par une seule personne et on n'assistait pas à une scène suffisamment prolongée.

Kprouv

Ll' vol d'un oiseau.

il)U'nue par M. Marc.\' avro son l'usil pholographiciiu'.

Cuiémalo(jraphe. — Par une série d'inventions, d'améliorations, de modifications successives, MM. Lumière frères ont transformé les méthodes et les ppareils; ils ont créé le cinématographe qui, par le déroulement rapide et intermittent d'une très longue pellicule sensible, peut saisir une scène prolongée avec tous ses mouvements. Le même appareil, qui sert à produire les négatifs, jieut servir également pour faire les positifs sur uiu' bande de même longueur et à les

projeter sur un large écran, à la grande satisfacliuii et aux a|i|ilau(lissemeiils de tous les speelalcurs (i'iine salle de speetaele ou d'un ampliitiu'àlrc Le ciiiriualographe, d'invcntidU réceiUe, est devenu un moyen de démonsiration ; il vient

CilK-llIill.ipl-.iplir l.u.ilic.X-,

s'ajouter aux projections photographiques qui sont rillnslralion imagée de la parole, le cinématographe en est rillustration vivante.

Mentionnons pour mémoire que .M. Ducos du Ilauron avait envoyé an Musée centenual le plan d'un système de cinématographe remontant d(''j:i à nu grand nombre d'années (1864), mais non suivi d'exécution.

Photogrammélric — La précision, la netteté des épreuves photographiques a permis d'en faire une application au lever des plans; cette application recherchée par M. le colonel Laussedat dès IB-'iO, alors qu'il utilisait dans ce but les dessins à la chambre claire, fut réalisée par lui en 1860 avec les appareils de précision qn'il lit construire spécialcnicnl dans ce imt cl (|u"il avait exposés au Musée centenual (1). Les spécimens des résultats obtenus, entre autres un plan de Tananarive exécuté par le commandant Delcroix, accompagnaient cette exposition.

Le procédé auquel fut donné le nom de Pliotaf/rammélrie, puis ensnilc Métrophotographie, par décision du Congrès de 1889, fut employé conuue très exact et très expéditif par l'état-major autrichien et par l'état-major italien pour compléter très rapidement les cartes générales de ces contrées; récennuent, au Canada, les appareils photogramuK'triqucs du ((ijonei Laussedat ont permis de

(1) Le lecteur trouvera de plus amples renseigneuietils surla pliùlograniuiétrie tle M. le imIdiicI Laussedat dans un même fascicule intitulé Mélrophoiographie, par M. ]<■ colouel Laussedat, et Chroiiiipliolof/iaphie, par .M. .Marey. et faisant partie de l'ensembie des rapports sur Irs nuisées rétrospeclifs.

faire en très peu de teni|)> un relevé des Montagnes Rocheuses que, peut-être, il eût été impossible d'obtenir par les moyens ordinaires et anciens. Nous n'avons pas à rechercher pourquoi cette méthode fut peu pratiquée en France et ne prit que diflicilement place parmi celles qui sont administrativement adoptées. La Photogrammétrie ou M(''lro]:ihotographie du colonel Laussedat a été expliquée et publiée tians une série de mi'moires adressés pai- lui à TAcadémie des sciences.

La pholo'jriiiihic et /es rechercha judiciaires. — Mentionnons encore l'application de l'exaelilude photographique aux recherches de la police. On sait ([u'un laboratoire est installé à la Préfecture de Police pour prendre la photographie, face et profil, de tout individu (pi'on juge ulile d"y envoyer; ces portraits joints à la fiche cpii le concerne constituent de très précieux documents pour l'avenir. M. A. Bertillou, chargé de ce service, avait exposé au Musée centemial un talileau des poses, formats et réductions eniployés, et un album moidrant, en grandeur presque naturelle les signes caractéristiques de quelques professions manuelles, telles les traces des guides sur les mains d'un cocher, l'action des acides sur celles d'un rélameur. les marques ou durillons spéciaux résultaid de divers travaux halutuels.

Dans la preuiièie partie de cette étude, nous avons examiné principalement les diverses méthodes employées ]iour obtenir le cliché négatif ou phototype destiné à fournir un nombre plus ou moins considéraljle d'épreuves positives, et nous avons indique'' connnenl elles se sont succédé eu dérivant presque toujours les unes des autres; la plupail de ces méthodes étaient rappelées par les appareils exposés.

PlaqueUe du Phuto-Club de Paris.

phot(k;r\piiie positive

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