‹ Le Musée royalChapitre 100 sur 120 · L EMPEREUR CAIUS CALIGULA · texte numérisé non relu

L EMPEREUR CAIUS CALIGULA

STATUE (*)

Petit-fils de Drusus , fils de Germanicus et d'Agrippine , qui tous les trois furent l'amour des Romains et l'honneur de leur siècle, le jeune Caïus fut porté sur le trône des Césars par les vœux de Rome et de l'armée; né dans les camps, élevé sous les jeux de la vertueuse Agrippine, ce prince, vêtu comme un simple légionnaire, étoit adoré des troupes, et sa seule présence avoit apaisé des mutineries. A son avènement au trône, plus de cent soixante mille victimes, immolées en moins de trois mois dans tout Feinpire, témoignoient assez et la joie que causa la mort de Tibère et les espérances que faisoit naître son successeur. Tibère cependant, malgré la dissimulation et la soumission du jeune Caïus, avoit reconnu sa férocité naturelle. Le vieil empereur Pavoit bien jugé, car Caligula bâta sa mort, dans la crainte qu'il ne lui préférât pour successeur son petit-fils Tibère.

En montant sur le trône , Caligula parut s'appliquer à réaliser l'espoir qu'avoient conçu de lui ceux qui s'en rapportoient aux apparences. Les honneurs rendus par ses ordres aux restes de Germanicus et d'Agrippine, son éloignement pour les délateurs, la diminution des impôts, une administration sage, sa confiance dans le sénat, la magnificence de ses fêtes, ses largesses, la mémoire de Germanicus, tout, jusqu'à des présages heureux, parloit en faveur du nouvel empereur, et Ton donna le nom de Faillies au jour de son avènement, comme à la fête où Ton célébroit la fondation de Rome. D'accord avec les Romains, les princes de toutes les nations recherchoient l'alliance et l'amitié de Caligula. Mais cette aurore de bonheur n'eut qu'une courte durée; au bout de huit mois de règne, une maladie mit en danger les jours de Caligula; Rome remercia le ciel de l'avoir sauvé : elle ignoroit encore pour quel monstre elle lui adressoit des vœux. Soit que cette maladie eût changé le caractère de Caligula ,

(*) Cette statue de marbre pentélique , haute de 6 pieds ( i mètre 9Ç0 millimètres), sans compter la plinthe, provient des fouilles de Gabies. Elle faisoit partie de la collection Borghèse. (Voyez Mon. Gab., n° 38. ) C'est une statue impériale à laquelle on a adapté une tête de Caligula antique , et la seule que possède le Musée Royal. Elle est un peu petite pour la proportion du corps ; mais elle n'en est que plus d'accord avec le portrait que Suétone (5o, 54) nous a laissé de Caligula, Il étoit grand et fort gros; il

avoit la tête petite, les jambes grêles, les yeux et les tempes très-creux, peu de cheveux; sa ligure étoit terrible, et il se plaisoit à consulter son miroir pour se donner un air féroce. La cuirasse, ornée de griffons, est d'un très-beau travail; sa chaussure n'est pas tout-à-fait celle que l'on nommoit caligœ, qu'il portoit dans sa jeunesse pour plaire aux soldats, qui l'avoient surnommé Caligula. Le bras droit est mo^ derne, et une partie de la main gauche est restaurée.

Page 1