‹ Le Musée royalChapitre 113 sur 120 · FAUNE DANSANT · texte numérisé non relu

FAUNE DANSANT

STATUE O

De tous les êtres mythologiques dus à l'imagination des poètes et des artistes de l'antiquité, et dont la sculpture ou la peinture nous ont transmis la représentation, il en est peu sur lesquels on soit aussi peu d'accord que sur les Faunes, les Silènes, les Satyres, les Pans, les iEgipans, et toute cette classe des pétulants suivants de Bacchus. Il paroît qu'on les a souvent confondus les uns avec les autres, même dans les temps anciens, et que leurs caractères distinctifs n'ont pas été déterminés d'une manière très-précise, et qui puisse fixer les idées que l'on doit se former de ces différents personnages. Les Satyres, les Silènes, et les Pans, remontent à une haute antiquité; cependant il n'en est pas question dans l'Iliade et dans l'Odyssée, où ils eussent pu trouver très-bien leur place; dans l'hymne qu'Homère adresse à Vénus, et clans un fragment d'Hésiode rapporté par Strabon, les Satyres sont au nombre des divinités des bois, mais rien n'indique la forme qu'on leur donnoit. Ce fut sans doute aux orgies et aux danses des fêtes dionysiaques qu'ils durent les caractères sous lesquels ils furent depuis reconnus, et les distinctions que l'on établit entre eux.

D'après tout ce qu'on trouve sur ce sujet dans les auteurs anciens, il paroitroit que ce qui est nommé Satyres dans les ouvrages de l'art du bon temps, n'étoit que ce que nous connoissons sous le nom de Faunes, et que ces divinités subalternes n'étoient pas représentées avec des cornes et des pieds de chèvre ou de bouc, mais qu'on les reconnoissoit à leur figure éveillée et sémillante, à des oreilles pointues, à de légères protubérances sur le front, qui indiquoient des cornes qui commencent à poindre, et l'on garnissoit leurs mentons de petites appendices qui rappeloient celles des chèvres. Une touffe de cheveux au bas des reins étoit aussi un de leurs caractères distinctifs. Tel devoit être le célèbre Satyre de Praxitèle en bronze que l'admiration générale a voit fait désigner sous le nom de perihoetos (l'admirable). Le monument de Lysicrate,

(*) Cette statue du Musée Royal, salle de la Psyché, sous le n" 4o3, est de marbre de Paros. Elle a de hauteur i mètre 320 millim, (4 pieds, o pouces, 9 lignes), et n'a d'antique que le torse et la tête, qui, rapportée anciennement et avec maladresse, fait tort au corps sur lequel elle n'est pas bien ajustée. Les bras et les jambes, prises au-dessus du genou, sont modernes, mal dessinées, et lourdes. Cette statue, à laquelle on

ne s'arrête pas, à cause du mauvais effet produit par ce qu'on a ajouté au torse, seroit peut-être un des plus beaux morceaux du Musée, si la restauration en étoit habilement faite. Voyez, sur les Satyres, les Faunes, etc., une dissertation de Heyne, dans le recueil de pièces intéressantes de Jansen, vol. I, pag.61.

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