FAUNE DANSANT
connu sous le nom de Lanterne de Démosthènes offre peut-être le plus ancien type des Satyres (i).
Les Silènes, en général, étoient des Satyres ou des Faunes d^in âge avancé; mais le Silène par excellence étoit le nourricier de Bacchus, qu'il ne faut pas toujours se représenter comme un vieillard lourd et épais, tel que sous le n° 468, ou chancelant et monté sur un âne, mais avec des formes vigoureuses, prononcées, endurcies par la fatigue, ainsi que nous l'offre le beau groupe de Silène et du jeune Bacchus, du Musée royal, n° 709, et le Silène sous le n° 476; les vieux Faunes sous le n° 25 1, dont le corps est velu par vétusté, peuvent aussi être rangés parmi les Silènes ou les vieux Faunes. Il est bon, au reste, de faire remarquer que le nom de Faune n'étoit pas connu chez les Grecs, et qu'il est dû aux Romains, chez qui Faunus étoit une divinité locale et très ancienne, sans qu'on sache bien comment ils le représentoient dans les temps les plus reculés.
Les Pans, les iEgipans, et toute cette classe de cornipèdes, de capripèdes, ne faisoient pas d'abord partie du cortège de Bacchus, et ils n'y furent admis qu'après les Satyres. On les distinguoit à leurs cornes et à leurs pieds de chèvre. La saillie de leurs os frontaux, leur barbe âpre et pointue, leurs longues oreilles, leur nez aquilin et déprimé par le bout, l'angle facial aigu, leur air lascif, rappellent le profil de la chèvre ou du bouc, dont ils ont toute la vivacité, tandis que le visage des Faunes ou des Satyres des premiers temps étoit plus rond, le nez court, et leurs regards ont une expression plus douce et plus voluptueuse. Les caractères que nous établissons entre ces êtres fabuleux ne doivent s'appliquer qu'aux ouvrages des beaux siècles de l'art, et afin qu'on ne suppose pas des pieds de chèvre aux célèbres Satyres de Scopas et de Praxitèle; car, dans la suite, les Romains confondirent ces différentes espèces: on donna des pieds de chèvre aux Satyres, qui ne furent presque plus distingués des Pans et des /Egipans; on nomma Faunes ceux à qui on conservoit l'ensemble de la figure humaine, et toutes ces divinités champêtres suivirent en foule le dieu des vendanges, et se mêlant aux Bacchantes et aux Ménades, ajoutèrent, par leur bruyante gaîté, aux désordres des orgies et des Bacchanales.
Il est difficile de voir un corps mieux dessiné que celui de la statue qui a donné lieu à cet article. Le travail en est souple et rend la chair avec la plus grande vérité. Tout ce qui est antique dans le Faune, de quelque côté qu'on le considère, offre un excellent modèle sous le rapport du dessin des formes et du jeu des muscles; et je ne crains pas d'avancer qu'il est peu de torses meilleurs à étudier.
(1) Voyez les Antiquités d'Athènes de Stuart, pu- Il par M. Landon, vol. I, ch. 4? pl. 26 et 3o; Analectes bliéesenfrançois, avec de très bonnes gravures au trait, Il de Brunk, t. II, p. 275; Pline, lib. xxxiv, c. 19, § 10.