A FAIT
Il me paroît difficile de supposer qu'en restaurant anciennement cette statue, on ait voulu y adapter, en se donnant assez de peine, une inscription, ou qui n'y auroit pas eu rapport, ou qui n'eût pas appartenu à un autre ouvrage du même sculpteur, et que l'on y eût gravé un autre nom que le sien. N'est-il pas plus naturel de penser que la statue ayant été mutilée, une partie de la plinthe a été perdue; en la rétablissant, on y a inscrit le nom du sculpteur qu'on savoit l'avoir faite. Voyez ce que je dis à ce sujet, et sur le mot eiioihzen, dans ma notice, p. 5i et suiv. Parmi les fragments trouvés avec la statue, étoit une autre inscription qui avoit été copiée inexactement, et que je puis offrir d'une manière plus correcte, ce marbre ayant été depuis peu donné au Musée royal, par M. le marquis de Rivière. Au commencement de l'inscription, au lieu de bakxeosatioï , il faut lire bakxiossatiot— BACCHIUS, fils de Sextus ATIDS, etc., etc.
Dans la même dissertation que je viens de citer, j'ai comparé, page 56, avec notre Vénus, une jolie statue de la galerie de Dresde,, que l'on trouve gravée dans l'ouvrage de Le Plat, publié en 1757, vol. II, pl. 124. Ces deux figures ont entre elles de grands rapports de pose et d'ajustement. Le musée britannique possède aussi une très belle statue en marbre qui offre quelque analogie avec notre Vénus, et qui, de même qu'elle, est formée de deux blocs réunis vers le milieu du corps par un joint qui se perd dans la draperie. Cette Vénus n'a pas tout-à-fait la même pose que celle du Musée royal. La tête est penchée vers la droite, et se présente plus de face, ainsi que le corps. Le bras gauche s'élève à la hauteur de l'épaule, et la main se rapproche de la tête. Mais ce bras, ainsi que la main droite, sont dus à des restaurations modernes. Les draperies qui couvrent la partie inférieure du corps offrent une autre composition que celles de notre Vénus; elles sont moins largement traitées, et une partie est soutenue et relevée par l'avant-bras droit. II paroît que, par la manière dont le marbre est travaillé, celui des parties nues est d'une teinte plus claire que celui des draperies. Cette statue, l'un des plus beaux morceaux du musée britannique, a de hauteur 6 pieds 1 pouce 10 lignes. Trouvée par M. Gavin Hamilton, en 1776, à Ostie, dans les bains de Claude, elle fut acquise par M. Charles Townley, et a passé, avec le reste de sa riche collection, dans le musée britannique.