‹ Le Musée royalChapitre 21 sur 120 · FAUSTULUS APPORTANT RÉMUS ET ROMULUS · texte numérisé non relu

FAUSTULUS APPORTANT RÉMUS ET ROMULUS

çoit de loin sur les bords du Tibre, tettant l'animal qui le caresse, entre deux bergers occupés à considérer ce prodige. Laurentia , femme de Faustulus, vient de quitter le panier de jonc qu'elle tressoit, et s'avance sur son siège les mains étendues pour recevoir l'enfant qu'elle accueille avec ce sourire presque maternel que fait naître sur les lèvres de toute femme élevée dans les habitudes de la nature la vue d'un enfant nouveau né. Son fils, âgé d'environ trois ou quatre ans, crie et lève la main pour s'emparer de celui qu'il regarde déjà comme le compagnon de ses jeux. Derrière Laurentia, une jeune fille de treize à quatorze ans s'avance pour considérer avec la joie de son âge le nouvel bote qui va égayer l'intérieur de sa famille; un toit de roseaux mal en ordre, soutenu sur une charpente grossière, forme au-dessus de leur tête un abri plutôt qu'un logement; un bel arbre l'ombrage, et sur ce toit reposent deux colombes; des fleurs sur le devant paraissent cultivées avec un soin rustique. Le vêtement simple de la femme n'annonce point la pauvreté; on voit une rose dans les cheveux de la jeune fille. L'impression de ce tableau est douce et en harmonie avec le sujet. Il ne demandoit point ces expressions pénétrantes et réfléchies qui ont manqué à Pierre de Cortone; les formes un peu robustes qu'il a particulièrement affectionnées conviennent ici à l'état des personnages. Cette belle campagne, ce beau ciel de Rome, appeloient toute la magie de sa couleur ; et il semble que la simplicité de l'action lui ait fait oublier tout artifice : on n'y voit point de ces personnages inutiles que Lanzi lui reproche d'avoir employés pour arrondir l'ensemble de sa composition, ni de ces figures que l'action la plus pacifique n'empêche pas de se montrer en attitude de lutte ou de bataille (i). Ce n'est certainement pas dans ce joli tableau que ses imitateurs auront pris l'exemple de l'exagération; mais le grand inconvénient d'un exemple trop séduisant est moins dans ce qu'il apprend que dans ce qu'il fait oublier. Les succès de Pierre de Cortone avoient eu tant d'éclat, que le soin d'obtenir de pareils effets détourna de celui d'étudier la nature, fit dédaigner la modeste imitation de Raphaël, et jeta les peintres dans une habitude de fracas qui leur parut avantageuse pour voiler souvent l'insuffisance de la science et du talent. Enivrés des facilités que leur présentoit un tel genre, ils oublioient que la facilité de Pierre de Cortone lui servoit aussi à ne pas craindre de se corriger lui-même, et que, suivant son admirateur Raldinucci, il lui arrivoit souvent « d'effacer ses nobles « ouvrages jusqu'à ce qu'il les eût rendus exempts de ce qui choquoit « l'extrême délicatesse de son goût (2). »

(1) Page 274- — C 2 ) Baldinucci, Notizie de' Professori ciel disegno,elc. } tom. I, p. 106.

Proportions I ^ auteur ' 2m ' 54 cemim - i5 mi "-= ^ ieis 8e° uces 6"«j Largeur, 2 65 6 =8 3

LA MALADIE DANTIOCHUS,

Page 1