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LA MADELEINE AU DÉSERT

PAR GENNARI.

Un grand artiste ne se perpétue pas simplement dans ses propres œuvres; autour de lui se rassemblent presque toujours des hommes capables de recevoir son inspiration, de se pénétrer de son esprit. Pas uniquement, pas absolument copistes du maître, ils n'apportent point, il est vrai, à son école ce génie original que les leçons peuvent seulement développer et diriger; mais ils ne se bornent pas non plus à une adoption sans discernement des préceptes qui leur sont enseignés, à une imitation servi le des modèles qui leur sont offerts. Doués d'une nature capable de recevoir l'impulsion qu'ils n'auroient pas su se donner eux-mêmes, ils suivent avec exactitude, bien qu'avec ehoix, celle à laquelle ils se sont livrés; et sans agrandir beaucoup leur école, qui ne compte guère au nombre de ses richesses que les génies originaux qui ont consenti à recevoir son empreinte, ils forment un noble cortège à leur maître, dont ils augmentent la gloire en rattachant à un plus grand nombre d'ouvrages distingués sa manière, son nom, et son souvenir.

Telle fut pour le Guerchin toute la famille des Gennari; élève d'abord, puis émule, puis guide de Benoît ou Benedict (Benedetto) Gennari, il le conduisit sur ses traces à la recherche de ces grands principes de la peinture que le Guerchin a saisis avec tant de bonheur. Hercule Gennari, fils de Benedict, épousa la sœur du Guerchin, et paroît avoir réussi surtout à copier les tableaux de son beau-frère. Mais Benedict et César, tous deux fils d'Hercule, habiles et laborieux copistes des ouvrages de leur oncle, furent en même temps les imitateurs heureux et assidus de sa manière. Cependant Benedict, encore plus disposé que son frère, à ce qu'il paroît, à se pénétrer facilement des divers styles qu'il vouloit étudier, après un assez long séjour en Angleterre, rapporta en Italie le fini, l'exactitude, et toutes les qualités d'un peintre du nord. Cette nouveauté lui valut une grande vogue, surtout pour le portrait, auquel alors il s'attacha particulièrement.

César, plus fidèle à ses premiers erremens , demeura toute sa vie le

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