‹ Le Musée royalChapitre 27 sur 120 · PAR LANA · texte numérisé non relu

PAR LANA

La vide e la conobbe : e resté senza

E voce e moto. Ahi vista! ahi conoscenza!

« Il la vit, il la reconnut, et demeura sans voix et sans mouvement. Oh! « quelle vue ! quelle reconnoissance ! » Tancrède vient de découvrir, dans le guerrier auquel il a porté le coup mortel, Clorinde, l'objet de son constant et malheureux amour. Elevée parmi les infidèles, Clorinde sait seulement depuis quelques heures que, née de parens chrétiens, elle fut destinée au baptême. Le ciel, qui déjà Fa avertie par des songes, vient de l'éclairer d'une lumière soudaine. Ses dernières paroles ont été pour implorer l'eau sainte qui doit laver toutes ses fautes. Empressé de se rendre à ses vœux, c'est pour remplir ce pieux devoir que Tancrède vient de détacher le casque qui lui déroboit les traits de celle qu'il aime : Ahi vista ! ahi conoscenza !

Non mori gia, che sue virtii accolse

Tutte in quel punto , e in guardia al cor le mise

E premendo il suo affanno a dar si volse

Vita con Facqua, a chi col ferro uccise

Mentre egli il suon de' sacri detti sciolse,

Colei di gioià transmutossi , e rise :

E in atto di morir, lieto e vivace

Dir parea: S'apre il cielo; io vado in pace.

« Cependant il ne mourut point; il rassembla sur ce moment unique « toutes ses vertus, et leur prescrivit la garde de son cœur; et, compri- « mant sa douleur, il s'appliqua tout entier au soin de donner la vie du « baptême à celle dont son épée venoit de trancher les jours. A mesure « que s echappoit de ses lèvres le son des paroles sacrées , comme trans- « formée par la joie, elle sourioit; et, s'élançant dans la mort, animée « et pleine d'alégresse, elle sembloit dire, Le ciel s'ouvre, je vais en « paix. »

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