‹ Le Musée royalChapitre 33 sur 120 · LE MARIAGE DE LA VIERGE · texte numérisé non relu

LE MARIAGE DE LA VIERGE

son métier; ses traits, qui peuvent n'avoir pas été dépourvus d'agrémens, semblent avoir contracté avant 1 âge les formes et Pexpression éteinte de la vieillesse. La couronne de roses blanches qui ceint ses cheveux, cette verge fleurie qu'il porte à la main comme signe de la préférence céleste qui Fa marqué pour être Pépoux de la Vierge, forment un contraste affligeant avec cette vieillesse, que ne relève pas assez la dignité du maintien, et ces mains, qui portent l'empreinte d'un bien rude travail. Aucun cortège n'environne les époux. Le pontife n'est assisté dans ses fonctions que par un seul petit lévite; saint Joseph n'a personne avec lui; et derrière la Vierge, un homme et deux femmes, dont les têtes sont d'une grande vérité et très heureusement dégradées, donnent, plus qu'il n'est nécessaire, l'idée des habitudes de la pauvreté.

Les grands maîtres ont souvent traité ce sujet. Raphaël paroît s'en être occupé au moins deux fois. Dans ses deux tableaux, la figure de saint Joseph est d'une beauté mâle et grave, parfaitement convenable dans celui à qui va être confié un si grand dépôt. La pompe nuptiale offre un coup d'oeil animé; des groupes d'hommes et de jeunes filles remplissent le tableau, et se pressent autour des époux, ce qui n'est nullement contraire à la vraisemblance historique; car, quelle que fût la pauvreté de Joseph et de Marie, la postérité de David pouvoit en ces occasions solennelles être supposée s'entourer d'un assez nombreux parentage.

La couleur de ce tableau est généralement très bonne, si ce n'est dans la figure de la Vierge. 11 est fini avec beaucoup de soin, mais sans recherche.

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