PAR PHILIPPE VAN-DYK
Né à Amsterdam en 1680, Philippe Van-Dyk doit être considéré comme un peintre du XVIII e siècle , de cette époque où les arts , devenus pour ainsi dire populaires dans les classes aisées, commençoient à porter le caractère de ces mœurs mondaines et de ces sociétés frivoles dont ils étoient alors l'amusement. Une recherche puérile d'intentions fines, une grâce étudiée , une fatigante surcharge de petits moyens , ont imprimé , surtout en France, à la plupart des productions de cette époque, le sceau de ce mauvais goût inhérent à tout état de mœurs où le jugement des choses sérieuses, comme le vrai et le beau, tombe entre les mains d'une multitude façonnée aux petites conventions d'une nature factice. Si la simplicité hollandaise ne paroît pas avoir cédé à cette contagion, rien cependant ne témoigne de ses efforts pour y résister; la gloire de l'école tombe vers cette époque, et Philippe Van-Dyk est regardé comme le dernier de ceux qui Font honorée par leurs talens.
Le surnom de petit V an-Djk , par lequel on crut devoir distinguer Philippe du maître célèbre dont il portoit le nom, sans avoir, à ce qu'il paroît , appartenu à sa famille , n'est pas moins un titre d'honneur qu'une marque d'infériorité ; car on peut se contenter d'une place après Van- Dyk , et c'est beaucoup que d'en être assez près pour avoir fait songer à la nécessité d'une distinction.
Cependant les tableaux de Philippe ne sortirent qu'en petit nombre de son pays; son talent, recommandable surtout par une grande simplicité dans les voies de la bonne école, n'avoit pas de quoi satisfaire ce besoin de nouveauté qui travaille les esprits lorsqu'ils ont épuisé, non pas le beau, qui est inépuisable, mais les forces nécessaires pour le trouver et le goûter. Philippe jouit surtout de sa réputation dans sa patrie, fière de produire encore un artiste; mais d'ailleurs très-habituellement employé à faire des portraits, et souvent chargé par de grands seigneurs ou des amateurs riches, de leur composer des collections de tableaux, ce qui l'obligeoit à de fréquens voyages, Philippe, quoique laborieux et assidu, n'a pu multiplier beaucoup ses tableaux de cabinet.