UNE DAME ET SA FILLE
telier, comparée aux relations assez familières que le portrait lui faisoit contracter avec de grands personnages, toujours disposés à la complaisance pour celui dont la fonction auprès d'eux est de s'occuper et de les occuper exclusivement d'eux-mêmes. Vandjk, d'ailleurs, sur la fin de sa vie, avoit donné à ces relations un caractère presque d'égalité qui devoit flatter sa vanité. C'étoit chez lui que venoient prendre séance ceux dont il entreprenoit le portrait; hommes et femmes, et du plus haut rang, s'y rendoient également et avec plaisir, et sa maison, montée sur un pied magnifique, lui donnoit le moyen de les recevoir avec toute la convenance possible. Il commençoit le portrait le matin, retenoit à dîner son modèle, retravailloit le soir, et avoit assez avancé dans la journée pour qu'il n'y eût presque plus rien à faire le lendemain.
Rien n'indique quelle est la personne que représente le portrait dont nous donnons ici la description ; il paroîtroit cependant assez vraisemblable que c'est celui de la femme de Rubens et de sa fille. Ce vêtement noir est bien celui des Hollandoises; et la petite fille, avec sa robe de satin blanc retroussée sur une jupe bleue, est absolument vêtue comme elles le sont toutes dans les tableaux flamands. Toutes deux sont habillées richement; l'appartement est à colonnes, et indique la magnificence. La femme est assise, et la petite fille debout près d'elle. Les figures de ce tableau sont, comme toutes celles de Vandyk, pleines de vérité et de vie, et les étoffes de la plus grande beauté.
Proportions.
Hauteur, 6 p,ej! 4 Largeur, 4 2