LA FEMME CHARITABLE
leur art, ont suffi à la réputation de plusieurs peintres flamands assez célèbres. Metzu , sous ces rapports , pourroit être regardé comme le premier d'entre eux; mais il est au-dessus par la vérité morale, qui se joint toujours dans ses tableaux aux réalités physiques, qu'il a si supérieurement exprimées : ses figures ont toutes une âme ; ce qu'on ne sauroit dire de toutes celles dont se composent plusieurs tableaux flamands estimés pour la beauté de la peinture, mais où l'expression est encore au-dessous de l'action insignifiante qui en fait le sujet. Aucune des figures de Metzu, même dans le calme le plus parfait, ne manque d'une certaine expression ; le repos règne sur la plupart, non comme un état passif, mais comme une jouissance sentie; il fait le caractère de la composition que nous décrivons ici. Cette femme, vêtue avec la simplicité de l'aisance, assise le soir sur le perron d une maison de campagne bien bâtie , y termine une journée dont sans doute les occupations ont été suffisantes, mais sans fatigue. Autour d'elle, de beaux arbres, de la verdure; à quelques pas, une petite rivière traversée d'an pont; à peu de distance, les édifices d'une grande ville, tout la montre environnée de ce qui peut contribuer à la douceur, à l'agrément, à la commodité de la vie. Le pauvre qui s'adresse à elle pour lui demander l'aumône est un enfant; son aspect n'est pas celui de la souffrance, ni même d'une profonde misère; la bonté qui le soulage n'est mêlée d'aucun sentiment douloureux. Auprès de la femme charitable, son chien, accoutumé sans doute à voir les pauvres s'approcher de la maison, regarde celui-ci sans aucun signe de colère, et rien n'interrompt le calme répandu sur cette agréable scène. Ce tableau est peint sur bois.
( Hauteur, 4q ce » tim -3 mill ' = 181—.
Proportions. < , „„ rt ,
( Largeur, 38 8 — 14