‹ Le Musée royalChapitre 59 sur 120 · UNE CUISINIÈRE · texte numérisé non relu

UNE CUISINIÈRE

pour en faire la sauce du lièvre, selon l'usage d'Allemagne et de Hollande, voilà à quoi se borne l'attirail de la modeste cuisine à laquelle Metzu a employé sa cuisinière hollandaise. La cuisinière elle-même ne s'élève pas au-dessus de son humble emploi ; on ne lui voit ni cette finesse de traits , ni cette pureté de teint que le seul Gérard Dow a su associer convenablement aux apparences d'une condition peu relevée. Les traits de la cuisinière de Metzu pourroient être assez distingués si la forme de sa bouche ne laissoit soupçonner quelques habitudes acariâtres; on reconnoit dans son maintien appesanti l'effet et la continuité du travail et des fatigues. Son teint flétri avant l'âge, ses bras et ses mains rougis et durcis jusqu'à l'endroit que commencent à recouvrir ses vêtemens, portent l'empreinte de sa condition , et complètent la représentation fidèle de cette seconde nature que l'homme reçoit de ses habitudes, et de laquelle, à une certaine époque de la vie, il n'est plus en son pouvoir de se séparer. Cette aptitude à saisir pour ainsi dire l'ensemble de la vie de son personnage constitue la véritable originalité du talent de Metzu. Ce tableau est peint sur bois.

( Hauteur, 2 Q cem!m - 8 miU - = i 0 p ouccs &''«■ Proportions. \ ,

[ Largeur, 27 0=98

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