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UNE HALTE DE VOYAGEURS

D'APRÈS LINGELBACH.

Lingelbach naquit en i6'2'5, à Francfort-sur-le-Mein. Tout ce qu'on sait de ses premières études , c'est qu'elles se firent à Amsterdam , et attirèrent sur lui l'attention des amateurs. Parti à dix-sept ans pour Paris, deux ans après il se rendit à Rome, et passa six ans dans cette ville, occupé à se pénétrer des beautés de l'art et de celles d'un climat où il semble que les arts puisent le mouvement et la vie. Il revint ensuite à Amsterdam mettre à profit les fruits d'un talent naturel, cultivé par l'étude et l'application. De l'esprit, des connoissances, une imagination riante et animée, de la simplicité d'invention avec de l'intérêt et de l'abondance dans la composition, une grande vérité de tons, de poses, et de costumes, tels sont les mérites des tableaux de Lingelbach. Ce sont pour la plupart des marines, des scènes champêtres ou populaires, animées par un grand nombre de figures : le séjour de Lingelbach en Italie s'y fait sentir dans la couleur vaporeuse de ses ciels et dans l'élégance ou la majesté de quelques-unes de ses fabriques ; il a quelquefois fixé l'attention sur des scènes vives et piquantes, telles qu'en peuvent offrir le théâtre d'un charlatan, ou les événemens d'une foire ou d'un marché; d'autres fois, il amuse par la simple représentation d'un fait indifférent en lui-même, mais rendu avec ces circonstances et ces détails qui en font un spectacle pour les yeux et une distraction pour l'esprit. Ses tableaux fournissent cette occupation légère et agréable que procure la seule vue d'une activité quelconque, diversifiée par les petits incidens auxquels elle peut donner lieu, et que Lingelbach choisit presque toujours avec une intention gaie.

Un jeune homme et une jeune femme voyageant comme on voyageoit du temps de Lingelbach, ou fatigués d'une partie de chasse, sont entrés pour se rafraîchir dans une auberge qui paroît tenir aux bâtimens d'une ville ou du moins d'une assez grande église de village. La jeune femme, demeurée à cheval, son parasol sur la tête, prend un verre que lui présente son mari, assis au pied d'un escalier de bois, sur un banc de pierre auprès duquel des bouteilles rafraîchissent dans un baquet. Une servante

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