‹ Le Musée royalChapitre 65 sur 120 · UNE HALTE DE VOYAGEURS · texte numérisé non relu

UNE HALTE DE VOYAGEURS

en descend d'autres , et apporte sur une assiette la moitié d'un pain. Un vieillard, qui paroît être le maître de l'auberge, regarde les voyageurs; il a près de lui un joli enfant. Un domestique accommode quelque chose au cheval du maître; une sorte de piqueur richement vêtu et debout, appuyé sur le sien, sonne du cor, probablement pour avertir les autres personnes de la compagnie. On en voit, dans le fond, arriver deux par une grande porte cintrée; celui-ci, avec son rabat de travers, pourroit bien être le chapelain du château , un peu dérangé du galop de son cheval, qui ne paroît guère moins vif que celui que prêta au père Canaye le maréchal d'Hocquincourt. Sur le devant, un petit garçon en guenilles saute et joue des castagnettes pour agacer un chien qui s'élance et aboie contre lui; d'autres chiens accouplés sont couchés plus loin auprès d'un valet qui les caresse. Tout-à-fait au fond, à gauche de la porte, une femme tire de l'eau d'un puits ; un enfant déguenillé comme l'autre la regarde monter les seaux, appuyé sur le bord du puits; entre la porte et le puits on voit dans une niche une cariatide mutilée ; dans le mur et au-dessus du puits est un bas-relief assez endommagé. Ces ornemens, la grandeur et la forme de la porte, les pilastres qui l'accompagnent, l'air de vétusté et la couleur de cette partie du mur, semblent indiquer les restes d'une ancienne fabrique contre laquelle on a appuyé des bâtimens modernes.

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