‹ Le Musée royalChapitre 69 sur 120 · LA MAUVAISE NOUVELLE · texte numérisé non relu

LA MAUVAISE NOUVELLE

Fimpression n'avoient pas besoin qu'aucune explication les mît sur la voie des sentiments qu'elle doit exciter; le costume, le défaut d'accessoires, ne permettent pas d'y rechercher la représentation de quelque fait historique; mais d'un autre côté il est difficile d'y voir un portrait. On peut vouloir éterniser les signes extérieurs d'une grande douleur, aimer à se montrer entouré des marques du deuil, et à manifester aux yeux par une foule d'actes et de symboles le malheur dont on est pénétré; ainsi on écarte de sa présence la joie importune, et les soins indifférens ou frivoles peut-être plus importuns encore : mais on ne supposera jamais qu'il vienne dans la pensée d'une personne malheureuse de fixer sur la toile, de perpétuer ainsi à ses propres regards le moment où le premier coup d'un grand malheur est venu l'atteindre, où elle a passé de la félicité au désespoir; c'est-à-dire le moment dont, le souvenir est le plus intolérable, parce qu'il réunit dans un même point le bonheur qu'on possédoit et le malheur dans lequel on a été précipité, tout ce qui rend la douleur plus aiguë et la pensée plus déchirante. Il n'est donc nullement vraisemblable qu'une si triste fantaisie ait été l'occasion du tableau de Netscher; nous en devons probablement la composition a quelque combinaison de son art, au désir de placer une figure touchante sous les belles étoffes qu'il sait si bien faire valoir, de rendre un effet de lumière et une expression qui l'auront frappé. H y a très-bien réussi.

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