UNE MARINE
l'horizon formé par la mer et au-dessus duquel il vient de s'élever, à peine remarquons-nous sur la gauche un promontoire presque perdu dans les vapeurs lumineuses qui l'enveloppent. À droite, un petit fort qui semble protéger le détroit , quelques vaisseaux à l'ancre disparoissent également dans ce magnifique spectacle du soleil levant environné des légères nuées qu'il perce et dissipe, et presque perdu lui-même au sein des flots de lumière qu'il répand autour de lui. Seulement à l'horizon deux petites voiles blanches, presque imperceptibles par leur dimension, reçoivent du soleil, déjà plus élevé pour elles, un éclat qui contraste avec la scène du devant, d'où semble ne s'être pas encore entièrement retirée la nuit. Le crépuscule habite encore sous ces arbres , ces quartiers de roche , dans ces eaux que n'a point pénétrées la clarté. Mais, dans le milieu, une langue de terre plus ouverte reçoit déjà horizontalement la lumière du soleil, et l'ombre prolongée de deux hommes qui s'entretiennent sur le bord de la mer vient se confondre dans la teinte plus générale des parties moins vivement éclairées. Il s'exhale de toute cette composition un inexprimable sentiment de fraîcheur et d'espérance; jamais la terre n'a vu commencer un plus beau jour.
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