D’APRÈS SALVATOR ROSA
Saul , attaqué par les Philistins , consulta le Seigneur, qui refusa de lui répondre. « Alors il dit à ses serviteurs : Cherchez-moi une femme qui ait « évoqué les esprits, et j irai la consulter. Ses serviteurs lui dirent : Il y a « à Endor une femme qui évoque les esprits. Saiil donc se déguisa, prit et d autres habits, et partit accompagné seulement de deux hommes. Ils « ai rivèrent de nuit chez cette femme, et Saül lui dit: Évoquez pour (( moi les esprits, et faites paroître devant moi celui que je vous dirai, n Cette femme s excusant sur 1 ordre de Saiil, qui avoit chassé les devins du pays, il jura par le dieu vivant qu’il ne lui seroit fait aucun mal. « La (c femme lui dit alors : Qui voulez-vous que je fasse paroître? Il luirépon- « dit: laites paroître devant moi Samuel. Dès que la femme eut aperçu « Samuel , elle jeta un grand cri , et dit à Saül : Pourquoi m’avez-vous « trompée ? vous êtes Saül. Ne craignez point, dit le roi : mais qu’avez- « vous vu? J’ai vu, dit-elle, un personnage vénérable qui sortoit de la « terre. Il lui dit encore : Comment est-il fait? C’est, dit-elle, un vieillard (c qui monte couvert d’un manteau. Saül, jugeant que c’étoit Samuel, se « baissa et se prosterna le visage contre terre. Samuel dit alors à Saül : IC Pourquoi avez-vous troublé mon repos ? » Il est clair, par ce passage , que Samuel, aperçu de la Pythonisse, est demeuré invisible pour Saül, auquel seulement il fait entendre sa voix ; mais il paroît également que le peintre a négligé, ou plutôt omis à dessein celte circonstance qui ne pouvoir se rendre sans ôter à son tableau toute apparence de vérité, puisqu’il eût alors fallu nous représenter Saül comme ne voyant pas ce qui est devant ses yeux, et parfaitement visible aux nôtres. Saül voit Samuel, car il le regarde. Prosterné à terre, il vient de lever la tète, non avec l’incertitude d’un homme qui cherche à démêler d’oü vient le son qui l’a frappé, mais avec un saisissement attentif, et tel que le produit la vue d’un objet effrayant et connu. D’ailleurs Samuel n’a point encore parlé à Saül; il arrive, et, quoique entièrement sorti de terre, il monte, pour ainsi dire, enveloppé dans son manteau blanc. A l’expression de sa figure, on près-