‹ Le Musée royal, ou, Recueil de gravures d'apres les plus beaux tableaux, statues et bas-reliefs de la collection royaleChapitre 103 sur 143 · LA LEÇON DE BASSE-DE-VIOLE · texte numérisé non relu

LA LEÇON DE BASSE-DE-VIOLE

D’APRES G. NETSCHER.

Les peintres de genre qui ont ctoisi les sujets et les personnages de leurs tableaux dans les classes supérieures de la société ont été forcés de se borner à des actions très-simples; les sujets historiques et les sujets populaires sont les seuls qui fournissent des scènes riches, vastes, compliquées, et qui admettent un grand nombre d’acteurs; les événemens considérables et les passions fortes que reproduisent les tableaux d’histoire donnent lieu à une multitude d’attitudes diverses et d’expressions très-variées; l’artiste peut également, dans les scènes tirées de la vie des gens du peuple, multiplier les figures, les grouper à son gré, et donner à chaque groupe une intention différente; la nature des sentimens et la liberté des mouvemens lui offrent mille ressources et lui laissent une grande latitude : dans les deux cas, l’action est importante pour les acteurs; les costumes sont presque arbitraires; les moyens sont nombreux, et rien n’en gène l’emploi. Comment le peintre qui a à représenter des personnages d’un rang plus élevé, mais occupés d’une action commune, pourroit-il au contraire les multiplier, les grouper, et en faire une grande composition.^ L’étendue des moyens serait en contraste avec l’insignifiance de l’action; comme aucune passion vive ne seroit émue, les expressions et les mouvemens seroient nécessairement peu variés, et il en résulteroit une insipide monotonie ; la nature des costumes seroit encore un nouvel obstacle; l’artiste ne pourroit en disposer avec cette liberté que comportent les sujets héroïques et les scènes populaires ; il se trouveroit astreint à une sorte de régularité et d’élégance toujours sans effet et souvent de mauvais goût, à cause de la ressemblance qu’exigeroient, entre l’image et la réalité, des spectateurs qui ne verroient dans son tableau que des personnages de leur espèce, occupés d’actions semblables à celles qu’ils font eux-mêmes tous les jours. C’est sans doute à la réunion de ces causes qu’il faut attribuer la simplicité et la froideur obligées des compositions de genre; elles représentent en général, si l’on peut le dire.

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