‹ Le Musée royal, ou, Recueil de gravures d'apres les plus beaux tableaux, statues et bas-reliefs de la collection royaleChapitre 108 sur 143 · PAR GUIDO RENI, DIT LE GUIDE · texte numérisé non relu

PAR GUIDO RENI, DIT LE GUIDE

« Jésus quitta la Judée et s’en retourna en Galilée : or il falloit qu’il passât par la Samarie. Il arriva donc à une ville de Samarie, nommée Sichar, près du fonds de terre que Jacob donna à son fds Joseph. Là étoit la fontaine de Jacob, et Jésus, étant fatigué du chemin, s’assit auprès de cette fontaine; il étoit environ la sixième heure du jour. Une femme samaritaine étant venue puiser de l’eau , Jésus lui dit ; Donnez-

moi à boire Mais cette femme samaritaine lui répondit : Comment

vous, qui êtes Juif, me demandez-vous à boire, à moi qui suis Samaritaine? caries Juifs n’ont point de liaison avec les Samaritains. Jésus lui répondit: Si vous connoissiez la grâce que Dieu vous fait et quel est celui qui vous dit. Donnez-moi à boire, vous lui en auriez demandé vous-méme, et il vous auroit donné une eau vive. Seigneur, lui dit cette femme, vous n’avez rien pour puiser, et le puits est profond; d’où auriez-vous donc

cette eau vive ? Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau aura

encore soif; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. La femme lui dit : Seigneur, donnez-moi de cette eau , afin que je n’aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser de celle-ci (i). a.

C’est là une de ces scènes éminemment simples dont un artiste médiocre ne sait rien tirer, parcequ’elles n’offrent rien d’animé, de matériellement intéressant. La représentation d’un martyre, d’un combat, de tout grand événement porte en elle-même de quoi exciter notre curiosité, fixer notre attention : ici , point d’action ; deux figures , l’une assise , l’autre debout ; si le peintre ne trouve dans son âme les moyens d’établir entre elles des rapports vrais et frappans , s’il ne sait pas rendre , par l’expression, le dialogue qui les lie, son ouvrage demeure insignifiant. Tout est dans ce dialogue, dans le caractère de celui qui parle et dans l’impression que produisent ses paroles sur celle qui écoute. Il faut que

(i) Evangile selon Saint Jean, ch. iv, v. 3 — 15.

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