‹ Le Musée royal, ou, Recueil de gravures d'apres les plus beaux tableaux, statues et bas-reliefs de la collection royaleChapitre 11 sur 143 · LA VIERGE A LA COQUILLE · texte numérisé non relu

LA VIERGE A LA COQUILLE

coquille ne se rapprocEeroit pas plutôt du tableau d’histoire que du paysage historique.

Assise près d’une source, la Vierge reçoit dans une coquille 1 eau qui tombe du rocher, pour donner à boire à son fils, assis sur ses genoux : debout devant elle, le petit S. Jean présente un fruit à l’enfant Jésus, qui le reçoit, comme on en peut juger par la direction des yeux des deux enfans. Ceux du petit Jésus sont fixés sur le fruit; ceux du petit S. Jean, sur l’enfant Jésus : l’attention de celui qui donne se fixe sur celui à qui il donne; l’attention de eelui qui reçoit, sur ce qu’on lui donne. D’ailleurs c’est le petit S. Jean que regarde la sainte Vierge; il faut bien que, par quelque action qui l’intéresse, il ait détourné un instant ses regards de dessus son fils. Ce groupe est charmant de naturel, de grâce et d’expression. Derrière la sainte Vierge, S. Joseph est occupé à attacher près d’un buisson l’âne chargé du bagage des voyageurs. A la droite de ce groupe placé au coin du tableau se déploie un pays vaste et ouvert, dans lequel, entre deux légères éminences, on voit de loin arriver sainte Elisabeth se hâtant sur son bâton , et que son fils a évidemment précédée pour apporter plus vite son petit présent. Le fond offre un pays inondé, au-dessus duquel s’élèvent des sommets de montagnes et quelques maisons à moitié sous l’eau. Des barques voguent tranquillement sur le fleuve. Il est clair que, par ce fleuve débordé, paisible et commerçant, le peintre a voulu désigner le Nil. Ainsi est justifié le titre de Repos en Egypte, sous lequel dans les catalogues on désigne la Vierge a la coquille, quoique d’ailleurs , dans l’aspect du pays, rien n’indique l’Egypte, et que la présence du petit S. Jean, ainsi que l’arrivée de sainte Elisabeth contredisent formellement cette supposition; mais les peintres du temps s’inquiétoient peu de cette sorte d’anachronisme, surtout dans les sujets de piété auxquels on ne demandoit que de fournir de beaux tableaux, et de convenir an lieu où ils dévoient être placés.

La belle lumière répandue sur les fonds distingue ce tableau comme paysage , ainsi que le charme des figures le peut faire remarquer comme tableau d’histoire.

Proportions.

Hauteur,

Largeur, 48 = i 5 9

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