ANTINOUS EN BON GÉNIE
une ample draperie, suspendue au bras gauche, entoure une partie de ses membres inférieurs, et fait ressortir avec plus d’éclat les contours admirables du torse et des hanches, entièrement découverts. On remarque une disposition semblable sur quelques ligures de Bacchus et d’Apollon, divinités qu’Antinoüs peut rivaliser en beauté. Une grande corne d abondance , chargée de fruits , est posée auprès du jeune héros, au-dessus d un tronc d’arbre ; et un serpent , attribut caractéristique des bons génies ( i ) , rampe autour de ce sj'mbole. Ce reptile est souvent joint aux images d’Esculape et d’Apollon; mais ces divinités n’ont pas pour emblème la corne d’Amaltliée, attribut particulier que les artistes de 1 empire romain ont donné aux génies bienfaisans. Le serpent qui, en changeant d écailles, et en retrouvant tous les ans sa jeunesse, semble braver les lois de la condition mortelle, est un emblème de cette nouvelle vie heureuse et divine dont les héros jouissent au-delà du tomlieau (2). La corne d’Ainalthée est un symbole de la bonté par laquelle ces âmes, bienfaisantes encore après le trépas, s’empressoient , suivant l’opinion du paganisme, de se rendre secourables aux hommes , et de veiller à leur prospérité. Les yeux de cette figure , dont il ne reste que les cavités , ont du être formés autrefois de quelque pierre précieuse, probablement d’une calcédoine (5). Cette pratique, familière aux artistes anciens, n’a point été dédaignée par l’excellent statuaire à qui nous devons l’PIercule Fariièse. Elle a été suivie aussi par d’autres sculpteurs qui ont représenté le portrait d’Antinoüs.
La figure, au lieu du bâton qu’un artiste moderne a placé dans la main droite, devoil tenir une patère, symbole que fantiquité donnoit ordinairement aux Génies.
iV”u»2. t. II, p. 336; Eckhe!, rioclr. Nnm. t. VI, p. 53o.
(1) Le serpent, comme emblème du bon Génie, est gravé sur des médailles de Néron, frappées à Alexaudric avec la légende , sEOf ArAOof iAiM»» : Nouveau Bon Génie.
(2) Voyez le passage de Virgile, Æn. V, v. 84, et les commentateurs anciens et modernes de ce pocte.
On peut consulter aussi à ce sujet les explications des peintures d’Hcrculanum, toin. 1, pl. 34 et 38; t. III, pl. i3.
(3) Les yeux de calcédoine se conservent encore dans un hermès représentant une Muse, qu’on voit à Rome au Musée du Capitole, où i! est désigné par le nom de Cléopâtre. {Museo Capitolino, t. I, pl. 5".)
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