‹ Le Musée royal, ou, Recueil de gravures d'apres les plus beaux tableaux, statues et bas-reliefs de la collection royaleChapitre 132 sur 143 · ANTINOUS EN HERCULE · texte numérisé non relu

ANTINOUS EN HERCULE

STATUE O

Après la mort de ce favori de Tempereiir Adrien, plusieurs villes de Grèce, rivalisant de bassesse, s’empressèrent de flatter la douleur scandaleuse de leur maître, en rendant des bonnenrs excessifs à la mémoire de ce jeune et beau Bitbynien. On eût mieux consulté la gloire d’Adrien , si l’on eût pu couvrir du voile le plus épais la vie et la mort d’Antinoüs. Les auteurs en disent peu de chose ; mais les monumens, les statues, et les médailles, lui ont assuré une brillante et lionteuse célébrité. L’exemple d’Alexandre-le-Grand, qui décerna les mêmes honneurs à Epliestion, ne justifia pas Adrien; et, en élevant des autels à Antinoüs, en multipliant ses statues, il parut jaloux d’immortaliser sa beauté beaucoup plus que son dévouement; on eût dit que le nouveau dieu devüit faire le plus bel ornement de l’Olympe, et y remplacer le bel écbanson des dieux.

Une ville d’Egypte, nommée d’abord Beza, prit le nom d’Antinoé; on la retrouve aussi sous celui de Be/.antinon, qui réunissoit les deux noms. Adrien, pour s’associer à la mémoire d’Antinoüs: appela aussi Adrianopolis cette ville, près de laquelle son favori se dévouant pour lui sauver la vie, se précipita dans le Nil. On n’étoit cependant pas d’accord sur la mort d’Antinoüs; le superstitieux Adrien fut soupçonné d’avoir consenti à ce que son ami fût sacrifié sur l’autel des dieux infernaux , et d’avoir été assez inhumain pour consulter lui-même les entrailles lumantes de ce jeune homme, dont il pleura la perte avec tant d’éclat, lorsqu’il avoit seul à se la reprocher.

Adrien établit à Mantinée en Arcadie, et à Argos, en honneur d’Antinoüs, des sacrifices célébrés tous les ans; il y avoit des jeux tous les cinq ans. Peut-être que, par ce culte et par l’espoir de l’apothéose, cet empereur vouloit exciter à s’immoler pour lui, si sa santé et les oracles demandoient encore de pareils sacrifices. Selon Pausanias (i), Adrien exigea qu’on rendît des honneurs divins à Antinoüs chez les Manti-

les doigts des pieds, sont modernes; une partie de la tete d'Antinous et de la peau de lion le sont aussi.

(0 Atvad., ch. ix ; Sparliaiius in -Wr/. hist. Aug. 'vajiorum; et les savantes notes de Casauhon et de Saïunaise.

(’) Cette statue du Musée Boyal, salle du Tibre, n“ ig3 , a a mètres 337 millimètres (7 pieds 2 pouces) de hauteur, sans compter la plinthe. Elle est de marbre de Luni, et fut découverte près de Tivoli. Elle faisoit partie de la collection de la villa Atliani. Le

les deux iambes, et

Page 1