‹ Le Musée royal, ou, Recueil de gravures d'apres les plus beaux tableaux, statues et bas-reliefs de la collection royaleChapitre 141 sur 143 · JACOB BÉNISSANT LES ENFANS DE JOSEPH · texte numérisé non relu

JACOB BÉNISSANT LES ENFANS DE JOSEPH

l’aîné; mettez votre main droite sur sa tête. Mais son père refusa de le faire, et lui dit : Je le sais, mon fils, je le sais. Celui-ci sera aussi le père d’un peuple et deviendra puissant; mais son frère qui est plus jeune sera encore plus puissant que lui, et sa postérité sera très-nombreuse (i) »

Cette scène simple et touchante est fidèlement reproduite dans le tableau de Rembrandt. Il y a joint une figure de femme debout qui regarde avec attention les enfans et Jacob; c’est probablement Asénath, fille de Potiphérah, gouverneur d’On, que Pharaon avoit fait épouser à Joseph, et mère de Manassé et d’Éphraïm. Le peintre a donné avec art, à chacun des deux enfans, une expression différente. Éphraïm, croisant ses mains sur sa poitrine, reçoit avec un recueillement profond, quoique plein de naïveté, la bénédiction de son grand-père : cette petite tête a une grâce particulière; ses longs cheveux flottant en boucles sur ses épaules, son geste pieux , ses regards baissés , appellent l’attention et semblent justifier la préférence que lui accorde Israël. Manassé a l’air plus vif et plus distrait. La tête de Jacob est remplie de gravité et de calme; peut-être n’offret-elle pas un caractère assez religieux : ce fut quelques momens après cette bénédiction qu’lsraël prophétisa et annonça à tous ses fils leur destinée future. Ce saint enthousiasme auroit pu paroître dans les traits du patriarche mourant qui donne à son fils chéri les dernières marques de sa tendresse.

La couleur de ce tableau est chaude et forte, comme dans tous les ouvrages de Rembrandt; les accessoires, entre autres les fourrures, sont plus soignés que les mains et les têtes : « quelquefois il s’attachoit à finir avec le plus grand soin les parties les plus indifférentes de sa composition, et négligeoit les principales qu’il marquoit à peine avec quelques tramées de brosse (2). » Cet homme qui avoit reçu de la nature un des plus beaux talens dont elle ait jamais doué un artiste, et qui n’a jamais rien fait sans y mettre l’empreinte de son talent, ne le regardoit guère que comme un moyen de satisfaire son avidité : pressé de finir ses tableaux pour les vendre, il disoit que le tableau était Jini lorsque b auteur avoit rempli le but qu’il s était proposé (5). Aussi ses ouvrages, du moins ceux de sa seconde manière, ne sont-ils souvent que de vigoureuses ébauches.

Ce tableau est peint sur toile.

(i) Genèse, chap. xlviii.

{2)Descbamps, Vies des Peintres flamands, etc. t. Il, p. 88.

(3) Deschamps, ibidem.

Hauteur, gj «ratim. 5 pied. jpaoc. glig. 3q2,

Largeur, 1 g3 =5 11 3 55g.

Proportions.

^ Kl

*• mm À' .* . •.

'.ar

hSinw

«f'jiçson' ’yuî;

%iyix

/Trui»

iifidai

gl^ ,

*“■ ‘"'{at"

Ie.,a

.-. ' 1|^MÎiiilliliJi|ff^ II» Il T ' Pii ^ lîP *

.■'•••*• • -î ML •'.. *• • , #•

Page 1