‹ Le Musée royal, ou, Recueil de gravures d'apres les plus beaux tableaux, statues et bas-reliefs de la collection royaleChapitre 20 sur 143 · VAINQUEUR DU DRAGON · texte numérisé non relu

VAINQUEUR DU DRAGON

D’APRÈS RAPHAËL

Saint Georges a toujours été considéré comme le patron de la chevalerie; elle se conféroit au nom de Dieu et de monseigneur sainct Georges. L’ancien proverbe, Monté comme un saint Georges, nous apprend que le cheval de saint Georges a, dès long-temps, joué un grand rôle dans son histoire; et ce fait nous est confirmé par le récit suivant, tiré de Nicéphow Grégoras, historien grec du XIV' siècle. Il raconte que, sous le règne d’Andronic le Vieux, le grand Logothète The'odorus , assistant avec plusieurs autres personnes de la cour aux offices de nuit qui se célébroient le premier samedi de carême en mémoire des empereurs orthodoxes, un messager vint de la part de l’empereur chercher Théodorus, auprès duquel se trouvoit en ce moment l’historien qui rapporte le fait, et lui raconta « qu’à l’heure de la retraite des soldats de la garde , on « avoit tout-à-coup entendu un tel hennissement, qu’il avoit frappé tout « le monde de surprise, d’autant plus qu’il ne se trouvoit alors aux envi- « rons aueun cheval, tous ayant été le soir ramenés dans leurs écuries, « situées à une grande distance. Ge bruit commençoit à peine à s’apaiser, « qu’il se fit entendre de nouveau et avee beaucoup plus de violence dans IC les appartemens de l’empereur, qui envoya aussitôt un domestique « s’informer de ce qui pouvoir le causer; mais le domestique, étant re- « venu, déclara n’avoir entendu autre chose que le bruit qui sembloit (I sortir d’un mur situé contre la chapelle de la Vierge victorieuse , et « sur lequel le fameux peintre Paul avoit long-temps auparavant repré- « senté un saint Georges à cheval. » Après avoir entendu ces nouvelles , le grand Logothète, composant sou visage, alla trouver l’empereur, et le félicita sur les triomphes que lui présageorent les hennissemens miraculeux du belliqueux cheval de saint Georges; sur quoi l’empereur, en soupirant, lui dit : ic Je vois bien cpie vous ne savez pas la vérité des « choses ; car nous tenons de ceux qui ont vécu avant nous que ce che-

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