SAINT GEORGES, VAINQUEUR DU DRAGON
.< val a déjà lienui une fois de la même manière, quand Baudouin, prince « des Latins, fut chassé de la ville par mon père. »
Le caractère superstitieux d’Andronic, et les terreurs qui agitèrent sa vie, rendent très-vraisemblable, sinon l’histoire du hennissement, du moins la croyance qu’on y a donnée ; mais jusqu’ici rien n’indique dans le tableau la présence du dragon, qui certainement n’auroit pas manqué de prendre part à cette merveilleuse aventure. Quelques-uns pensent en effet que la ligure ilu dragon ne fut ajoutée d’abord à quelques portraits de saint Georges que comme une représentation allégorique du diable, confondu et vaincu par la piété de ce saint martyr; mais la légende a pris la chose au propre, et raconte que «Georges de Cappadoce, tribun, U vint dans la province de Libye, à une ville qu’on appelle Silène, située O près d’un lac semblable à la mer, dans lequel habitoit un dragon dont « l’haleine étoit empoisonnée; en sorte que, s’approchant des murs de la « ville , il faisoit mourir tout le monde ; ce qui força les citoyens à lui « donner tous les jours deux brebis pour apaiser sa fureur. Quand ensuite O les brebis commencèrent à manquer, ils n’en donnèrent plus qu’une, c( en y ajoutant un homme. » Après ou avec les hommes, on donna des femmes, puis des filles, puis enfin on en vint à la fille du roi. En voilà assez pour faire comprendre le reste de l’histoire ; c’est celle qu’on a adoptée depuis toutes les fois qu’on a voulu montrer saint Georges dans son caractère de chevalier; c’est aussi celle qu’a représentée Raphaël dans son tableau. Saint Georges à cheval , et armé de toutes pièces, tient le bras levé pour asséner un grand coup de sabre au dragon qui s’élance sur lui, bien que déjà percé de la lance du guerrier, dont un fragment lui est resté dans la gorge. Dans le fond, une jeune fille effrayée, portant une couronne sur la tète, s’enfuit à travers les rochers. La figure de saint Georges est celle d’un beau jeune homme blond; c’est ainsi qu’on l’a toujours représenté dans les premiers temps, et qu’il apparut en songe à Elpidia. Son action est animée, et son expression calme. Son cheval, qui se cabre et hennit, a la tète, le poitrail et toute la partie antérieure d’une beauté rare. Quoique ce joli tableau ait été un peu endommagé par le temps, on y remarque une grâce parfaite, et un fini singulièrement soigné. Le paysage est évidemment de la première manière de Raphaël.
Ce tableau est peint sur bois.
I Hauteur, i8® =
I Largeur, 24 27 = 9 6
Proportions.
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