‹ Le Musée royal, ou, Recueil de gravures d'apres les plus beaux tableaux, statues et bas-reliefs de la collection royaleChapitre 42 sur 143 · LA FEMME HYDROPIQUE · texte numérisé non relu

LA FEMME HYDROPIQUE

jeux vers la jeune personne avec un étonnement sévère qui semble lui reprocher l’imprudence de ses pleurs et du mouvement qui vient de la précipiter aux pieds de la malade; car ce mouvement a été subit; il n’j a qu'un instant la jeune lille lisoit ou chantoit auprès de sa mère, comme l’indique un livre, probablement un livre de psaumes, encore ouvert sur un pupitre placé près du siégé qu elle vient de quitter, sans doute au moment de l’arrivée du médecin, qu’on attendoit peut-être comme dernière ressource. Le médecin est placé derrière la malade; il examine, en le portant au jour près de ses yeux, le liquide qu’on a conservé dans un vase de verre, et qui doit servir à l’éclairer sur la maladie. Son expression est celle d’une attention qui voudroit parvenir à trouver autre chose que ce qu’elle a vu; son geste est celui du doute ou plutôt de cette incertitude apparente sous laquelle on cherche à cacher le défaut d’espoir. Personne n’ose tourner les jeux sur lui, quoique l’attente de l’arrêt qu’il va prononcer se peigne dans les larmes de la jeune fille , dans l’expression douloureuse de la mère, et dans l’attentive sévérité de la servante, occupée à ce qu’autour , de la malade rien ne sorte de l’ordre accoutumé, ne trahisse l’émotion et n’augmente le danger d’un pareil moment. La figure du médecin, destinée uniquement comme toutes les autres à concourir à l’effet du tableau, et son expression concentrée dans l’action du moment, n’offrent aucun caractère qui puisse indiquer des habitudes particulières au personnage : ce n’est pas la figure d’une profession, c’est celle d’un individu.

Tout cet intérieur donne l’idée d’une fortune au moins aisée; les accessoires sont riches ; mais , à l’exception du lustre pendu au plafond , d’une très-belle aiguière de marbre dans laquelle l’afraîchit un vase de porcelaine, du pupitre, et d’un petit nombre d’objets placés dans le jour de la fenêtre, ces accessoires se perdent plus ou moins dans l’ombre que projette sur le fond de la chambre un magnifique rideau suspendu sur le devant, et qui, relevé seulement en partie, cache un coin du tableau, et en obscurcit suffisamment une autre portion pour que la lumière , les regards et l’attention se concentrent sur l’admirable scène qui en fait le sujet.

Gérard Dow paroît avoir eu pour ce bel ouvrage une prédilection particulière. Il l’avoit recouvert de volets sur lesquels il avoit ébauché quelques ornemens.

Proportions.

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