‹ Le Musée royal, ou, Recueil de gravures d'apres les plus beaux tableaux, statues et bas-reliefs de la collection royaleChapitre 57 sur 143 · ÜNE JEUNE FEMME A SA FENÊTRE · texte numérisé non relu

ÜNE JEUNE FEMME A SA FENÊTRE

le peintre multipliera le nombre des accessoires et les représentations de formes extérieures. La simplicité presque nue de la grande Cène de Léonard de Vinci, et la ricliesse des ornemens accessoires prodigués dans les Noces de Cana par Paul Véronèse, sont également calculées sur le degré d’intérêt moral que ces deux grands artistes pouvoient chercber à faire sortir de ces deux circonstances si différentes de la même histoire.

Une gradation toute semblable se retrouvera dans les tableaux de genre. L’un de nos peintres modernes, M. Grauet, a donné dans son tableau de Stella en prison l’exemple d’un tableau de genre par le style, élevé par la pensée à l’un des premiers degrés de cette classe de productions; comme l’effet moral a été dans ce tableau l’objet principal de l’artiste, il a réduit ses accessoires presque à la simplicité de ceux d’un tableau d’histoire du style le plus sévère. On verra cette simplicité décroître dans les tableaux de genre à mesure qu’ils tendront moins à l’effet moral , et l’on arrivera ainsi à ces compositions plus agréables qu’animées, dont l’intérêt repose sur la beauté des draperies et des ornemens richement entassés autour d’une figure sur laquelle ne se laisse apercevoir l’expression d’aucun sentiment vif ou profond.

Le charmant tableau dont nous donnons ici la gravure fait comprendre quel intérêt plus doux peut donner une simple pensée à une seule figure dénuée de toute cette pompe des accessoires. Une jeune personne est à sa fenêtre ; une vigne qui serpente autour de cette fenêtre, et sur laquelle elle vient de cueillir la grappe qu’elle semble montrer avec une satisfaction mêlée d’orgueil ; un oiseau privé , perché sur son bâton , à la porte de sa petite habitation construite avec soin et avec recherche ; une autre cage d’oiseau aperçue à travers la fenêtre à une autre croisée de l’appartement, voilà tout ce qui frappe les regards, et tout porte à l’esprit l’idée d’une vie paisible , remplie d’occupations simples et de plaisirs innocens. La jeune personne n’est point une enfant; son costume même indique une femme mariée et une femme riche; et cette simplicité de goût qui parolt être le résultat non de la situation, mais du caractère, ajoute un charme de plus à une figure pleine de grâce et de naïveté.

Quelques connoisseurs , et entre autres M. J. P. B. Le Brun , attribuent ce tableau à Van Starve, élève de Gérard Dow. Cependant la touche du maître se montre évidemment dans la grâce et le fini de la tête, ainsi que dans l’harmonie des vêtemens.

Propobtions.

Hauteur, = i?'"*

Largeur, 29

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