SAINTE MARIE PÉNITENTE
Champagne, même pour ses compositions les plus légères, des sujets analogues à ses sentimens habituels : il a peint sainte Marie dans la grotte qui lui servoit de retraite , et son aversion pour le nu l’a fait déroger à la légende qui dit quelle n’avoit pour vêtement que sa longue chevelure. La sainte est en prières; des malades se font conduire en pèlerinage ii sa grotte ; un vieillard, soutenu par un autre homme, est à genoux devant la porte, et prie; une jeune femme arrive, portée sur un brancard: la sainte semble demander au ciel leur guérison; absorbée dans ses prières, elle ne les regarde point, mais c’est pour eux quelle intercède : la tete est animée d’une expression pleine de ferveur; et celui qui soutient le vieillard fixe les yeux sur elle avec une confiance suppliante. L’ensemble du paysage a de l’effet; peut-être les masses du terrain sont- elles trop multipliées , trop découpées ; peut-être n’y a-t-il pas assez de grands intermédiaires entre les premiers plans et les derniers : peut-être la lumière se répand-elle sur un trop grand nombre d’objets un peu confus : cette multiplicité de petites masses séparées et éclairées nuit à la clarté et à l’harmonie générale. Mais la scène touchante , placée au milieu d’une nature vaste et riche , donne à ce tableau un intérêt qui compense bien les légers défauts qu’on y peut remarquer, intérêt qu’augmente encore la rareté des paysages de ce maître.
Ce tableau appartient maintenant à sa majesté la reine de Naples.