D’APRÈS FR. MIERIS
On ne trouve pas entre les peintres du nord, comme parmi ceux de l’Italie, ces grandes divisions decoles, distinguées, soit par la manière particulière d’un maître, soit par un système général auquel se sont constamment ralliés les maîtres d’une même école. L’art, en Italie, s’élevoit a la fois, pour ainsi dire, de toutes les parties du sol; de vives imaginations le concevoient sous différons points de vue; et, affranchies par les bienfaits des princes de la dépendance du public, elles communiquoient au gofit général ces directions diverses qui contribuoient ensuite à l’animer sans l’assujettir. Le talent des peintres du nord, quoique répandu sur une assez grande surface, sembla sortir d’un même centre ou du moins appartenir à un même goût. Les républiques ne sont pas toujours, autant qu’on le pourroit croire, le séjour de l’originalité; le besoin continuellement senti du suffrage général accoutume les boinmes à se modeler sur des habitudes et une opinion communes; et le public, lent à discerner, commande souvent à l’homme de génie les mêmes choses qu’à l’homme médiocre. Le public du nord commanda rarement à ses peintres ces grandes entreprises auxquelles pouvoient seules suffire la fortune d’un souverain ou la richesse d’un clergé catholique; le climat ne permeltoit pas non plus d’employer à l’ornement des édifices ces immenses fresques, gloire des palais de l’Italie. Des amateurs, bornés dans leur luxe, formèrent le goût de leur pays sur les dimensions auxcjuelles ils pouvoient atteindre; et les chefs-d’œuvres du travail et d’une imitation bornée furent mis à la place des chefs-d’œuvres de l’imagination. /dhez des peuples moins sages, moins fidèles au bon sens, moins frappés de la vérité, le genre prescrit en quelque sorte aux écoles flamandes et hollandaises eût infailliblement dégénéré en maniérisme et en affectation; et c’est un ]thénomène remarquable que cette individualité de talent conservée dans un genre toujours le même, et cette parfaite vérité, souvent obtenue par le