VUE D’UN TORRENT
par un torrent n’offre pas une apparence inanimée, et peut plus aisément se passer de figures et de scènes vivantes. De même que, dans la réalité, on s’arrête long-temps sans ennui auprès d’une eau bruissantedont le fracas ou seulement le murmure occu|ie et satisfait l’imagination qui croit y apercevoir une sorte d’activité et de vie, de même, sous le pinceau de l’artiste, la monotonie du site le plus simple et le plus désert est animée, peuplée, si l’on peut le dire, par le mouvement des eaux, la rapidité de leur chute, et la variété de leurs effets.
Le tableau que nous décrivons offre un exemple frappant de ce résultat de l’introduction des eaux dans un paysage qui n’a rien de remarquable; le devant est entièrement occupé par le torrent qui se précipite, se brise, rejaillit de tous côtés, au milieu de buissons, de rochers et de troncs d’arbres qui semblent ne faire obstacle à son cours que pour multiplier les accidens de sa chute, et leur prêter des formes plus variées et plus pittoresques; sur la droite s’élèvent des rochers couverts d’arbustes et surmontés d’un vieux château de construction gothique; sur la gauche est placée une chaumière entourée d’arbres; à l’entrée d’un pont de bois jeté sur le torrent s’arrêtent trois paysans qui s’entretiennent sans paroitre faire la moindre attention au fracas dont ils sont environnés. Les masses sont disposées avec beaucoup d’art, et les eaux sont peintes avec une hardiesse pleine de vérité.
Les figures de la jdupart des tableaux de Ruisdaal sont l’ouvrage de Vouwermans ou de Van den Velde, avec lesquels il étoit étroitement lié.
Ce tableau est peint sur bois.
( Hauteur,
( Largeur, o 88 o =2 5
Pkoportions.